Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 12:12

On ne le sait que trop peu, mais ici, tout est expliqué : pourquoi ce geste, comment cela se passe ?

Oh, vous ne comprenez rien de ce que je raconte ? Alors je vais m'expliquer un peu. J'avoue n'y avoir jamais pensé, mais ce n'est pas bête : internet contribue à la pollution de la planète. Etonnant, non ? Pourtant,  "d'après une étude d'Alexander Wissner-Gross, diplômé en physique de l'université américaine de Harvard, la consultation d'une page web conduit en moyenne à l'émission de 20 milligrammes de CO2, soit 0.02 grammes".

Ainsi, comme il y a un problème, on nous propose une solution : faire de son blog un espace neutre en carbone. Pour cela, il suffit de planter un arbre (ou, dans le cas présent, de demander de planter un arbre pour son blog), qui régulera les émissions de CO2 de votre blog, puisqu'il est capable d'absorber 5kg de CO2 par an (une histoire de photosynthèse, ou je ne m'abuse ?) !

Alors adhérez, c'est rapide et ça aide tout le monde :) .

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(merci à Minyu grâce à qui j'ai eu connaissance de ce projet "un blog, un arbre")

Publié dans : MDT divague - Par Mordue de theatre
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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 20:23

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Critique des Liaisons Dangereuses, d'après Choderlos de Laclos, vu au Théâtre de l'Atelier le 18 avril 2012

[ Avec Sophie Barjac, Rosa Bursztein, Jina Djemba, Lazare Herson-Macarel, Mabô Kouyaté, Yannik Landrein, Pauline Moulène, Julie Moulier, Lola Naymark, dans une mise en scène de John Malkovich ]

 

C'était un vrai défi que s'était lancé John Malkovich, l'homme qui avait donné corps à Valmont dans les célèbres Liaisons Dangereuses de Stephen Frears, en mettant en scène cette même histoire avec, pour seuls acteurs, des jeunes - exceptée Mme Rosemonde -, tout juste sortis du Conservatoire. Pas de grand nom, pas de "fils de", seulement des talents en herbe. Je crois n'avoir qu'une chose à dire : bravo.

Diffile à résumer ... Le roman (et donc la pièce) relate l'histoire de Valmont, et Mme de Merteuil, des personnages qui se permettent tout, jouent de tous, tout le temps. On découvre leur caractère au fil du texte, puisque Valmont séduit et couche avec bon nombre de femmes, au même titre que la marquise de Merteuil. Parmi les femmes désirées par Valmont, se trouve une jeune femme vertueuse, du nom de Mme de Tourvel. Mais à force de trop jouer, il se prend au jeu et tombe amoureux ... S'ensuit de nombreuses péripéties, que je ne citerai pas, de peur de vous gâcher l'histoire.

L'adaptation est pourtant plus moderne, et aurait pu être déconcertante ... il n'en est rien ! Moi qui étais pourtant réticente lorsque j'avais appris la présence d'iPad sur scène, j'ai trouvé au contraire que l'idée était bien trouvée et s'adaptait parfaitement au reste de la mise en scène. Loin d'être abusive, l'utilisation de cette nouvelle technologie est justifiée et presque nécessaire : par exemple, la célèbre scène avec Émilie, prostituée sur les cuisses de laquelle Valmont écrit des lettres à madame de Tourvel, est à peine transformée : en effet, c'est à présent Émilie qui tape, sur la tablette, le message à Mme de Tourvel, pendant que Valmont cherche son inspiration en jouant avec le corps de la fille de joie.

Cette scène est d'ailleurs d'une grande réussite ! En effet, je pense que jouer nu est d'une grande difficulté, au théâtre, et peut-être encore plus pour de jeunes acteurs : ici, Lola Naymark, qui incarne Emilie, est d'une grande justesse, très naturelle, malgré sa - très légère - tenue. L'actrice, qui revient quelques scènes plus tard, réussit également un très beau rire, chose difficile à rendre naturelle, lorsque qu'elle croise Mme de Tourvel. Pour cette dernière, qui est peut-être le personnage le plus troublant de la pièce, par ses sentiments, ses expressions, ses paroles, ses remords, et ses regrets, c'est Jina Djemba qu'on remercie, puisqu'elle parvient à transmettre toutes les émotions de cette femme, torturée par ses actes et ses pensées. Je l'avais déjà vu dans Nos Années Pensions, ou encore 11 Septembre 2011, mais c'est encore autre chose sur scène : plus vivant, (donc ?) plus fort. Dommage que son rôle ait été un peu restreint par rapport au roman, où elle a plus d'importance.

Du côté des personnages plus comiques, on retrouve Cécile de Volanges et sa mère, alias Rosa Bursztein et Pauline Moulène. La première est peut-être trop souvent dans le registre comique, c'est-à-dire même dans les instants plutôt sombres. Néanmoins, le rôle le veut, puisqu'elle incarne une jeune fille naïve, qui a encore tout à apprendre. Amoureuse de Danceny, c'est pourtant Valmont qui se chargera de son éducation ... Dans le but de servir leurs amours, bien évidemment. Sa mère, si elle n'est pas moins naïve, à mon avis, reste plus restreinte et ne se confit pas à tout le monde ... Mais malheureusement, elle ne choisit pas toujours les bonnes personnes. Ces deux actrices traduisent bien le décalage entre le caractère manipulateur des personnages principaux, et le leur, bien plus effacé, bien plus en retrait, bien moins réfléchi. 

C'est Sophie Barjac qui interprète Mme de Rosemonde, la tante de Valmont. Si son rôle n'est pas des plus importants, le personnage est malgré tout est souvent présent, et nécessite donc un bon acteur ... Ici, aucun problème, Sophie Barjac a parfaitement saisi son personnage ! 

Concernant les hommes à présent, eh bien j'ai été très heureuse de retrouver Lazare Herson Macarel, que j'avais découvert au cours des Journées du Conservatoire de l'année dernière (classe de Daniel Mesguich). Il interprète ici Azolan, le valet du vicomte de Valmont. Il joue également le rôle du "maître de cérémonie", puisque c'est lui qui introduit et clot le spectacle, et organise les changements de scène. Ce jeune acteur a un réel talent, et un véritable amour de la scène, qui se ressent jusque dans le public ! On retrouve également, chez les acteurs masculins, Mabô Kouyaté, qui incarne le jeune Danceny, l'amant de Cécile de Volanges. Tout en niaiserie comme elle, et semblant également tout droit sorti d'un roman à l'eau de rose, ce personnage est une réussite : ses gestes et ses mimiques sont parfaitement au service de ce personnage, qui a, comme son amante, tout à apprendre, et pour qui les habitudes du monde sont tout à fait étrangères. 

Il me reste donc à parler du duo principal de la pièce, les manipulateurs. Parmi ces deux personnages, l'un se laisse manipuler, sans s'en rendre compte. Un seul personnage dominerait donc l'histoire ? Fort possible. Ici, Valmont et la Marquise de Merteuil sont interprétés par Yannik Landrein et Julie Moulier. Cruels, jouant de tout et de tous, se lançant des défis affreux, trahissant sans remord, les deux acteurs ont tout compris et retranscrivent à merveille les faits et gestes de leurs personnages respectifs. Si Mme de Merteuil semble souvent sur un même ton, c'est que son personnage s'est lui-même créé un personnage. Ce double-jeu se ressent parfaitement. Les deux acteurs ont très bien saisi l'horreur qu'exprime l'histoire que mènent leurs personnages, et cela se sent. Ils nous comptent une histoire où leurs actes n'ont pas de limite. Et leur jeu n'a pas de limite : dans la scène dont j'ai déjà parlé, avec Emilie, Valmont est parfaitement naturel et cela accentue encore l'atrocité de son acte. Dans la scène finale entre Valmont et Mme de Merteuil, cette dernière déclare avec une grande dignité "La Guerre", nous donnant la chair de poule. 

J'ai beaucoup apprécié la scène de combat entre Valmont et Danceny, qui prennent réellement les armes sur scène, ce qui est plutôt rare car cet acte demande une grande précision et un grand travail : ici, le travail a été fourni puisque cette scène est simplement parfaite. Je note également un choix du metteur en scène qui, d'habitude, me déplaît, mais qui ici a su me convaincre : les acteurs, après avoir fait leur sortie, au lieu de retourner en coulisses, s'assoient sur des chaises entourant la scène. Cette technique, de plus en plus utilisée, est en générale injustifiée. Ici, au contraire, elle sert beaucoup : elle permet en effet aux personnages d'appuyer leurs propos et de jouer avec les personnages, censés n'être pas présents, afin d'amuser ou d'expliciter l'implicite. Une belle trouvaille.

Une réussite totale, pour la mise en scène comme pour le jeu des acteurs ! Des noms à suivre. Bravo.  ♥  

 

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Pour suivre le parcours de la troupe, c'est ici.

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Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 00:51

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Critique du Fils, de Jon Fosse, vu le 17 avril 2012 au théâtre de la Madeleine

[ Avec Catherine Hiegel, Michel Aumont, Stanislas Roquette et Jean-Marc Stehlé, dans une mise en scène de Jacques Lassalle ]

 

"Spécial ..." 

Telle a été ma première réaction au sortir de la pièce. Jon Fosse, c'est spécial. Une sorte de mélange entre Beckett et de Tchekhov. Le premier, car l'histoire part de pas grand chose et n'arrive nulle part. Le second, car les personnages déclarent devant nous que leur vie est monotone et qu'il ne s'y passera pas grand chose. Caricatural, mais pas si faux quand on y réfléchit.

L'histoire, donc, se passe en Norvège. Une Norvège sombre, froide, inquiétante, dans laquelle un vieux couple vit, presque seul, loin de tout. Nous peinons à comprendre ce qu'ils attendent, ce qu'ils espèrent et ce qu'il craignent. La mort est-elle souhaitable ou plutôt rejetée ? Difficile à percevoir : ils ne parlent que peu, souvent pour ne pas dire grand chose, et se répètent beaucoup. Toutefois, un élément de leur vie semble plus clair que le reste : ils ont un fils. Un fils en prison d'après le voisin, un fils dont ils n'ont plus de nouvelles depuis 6 mois, un fils passionné de musique, un fils qui leur est peut-être devenu inconnu après tant d'absence ... Et voilà que ce fils revient. Sans prévenir, du jour au lendemain, il retourne chez ses parents, loin de tout.

L'intrigue donc, en elle-même, n'est pas très gaie ... Dès le début de la pièce, l'ambiance est froide, et menaçante. Les lumières aident à créer cette atmosphère inquiétante, puisque la scène est presque plongée dans l'obscurité. Michel Aumont et Catherine Hiegel ouvrent la pièce. Lui lit le journal, elle défait un ourlet à l'aide de ses ciseaux. Si ils parlent, ce n'est que pour dire des choses succintes. Leur conversation n'est pas très animée. Et pourtant, malgré ces "il fait de plus en plus sombre" - "oui" - "ce n'était pas comme ça avant" - "oui", dialogue pouvait paraître pauvre et ennuyeux, ces deux acteurs parviennent à transmettre quelque chose ... Le spectateur, s'il n'est pas passionné par ce qu'il voit, garde tout de même ses yeux scotchés sur ces deux personnages ... Sûrement grâce au talent de ces deux Grands : elle, nous dévoilant une belle palette de sentiments, que l'on avait presque oublié après Moi j'crois pas !, et lui qui, en répétant toujours la même phrase, parvient à toujours la prononcer d'une manière nouvelle, comme s'il redécouvrait chaque fois l'obscurité de son lieu d'habitation ...

Mais ils ne sont pas seuls, et les deux autres acteurs ne tardent pas à faire leur entrée ... Tout d'abord, parlons du voisin, un vieil homme constamment saoul, incarné par Jean-Marc Stehlé. Il faut savoir que cet homme est décorateur de métier, et acteur à l'occasion, si j'ai bien compris. Eh bien je n'ai qu'une chose à dire : bravo ! Son personnage est absolument parfait dans sa gestuelle, sa manière de parler, ses déplacements, ses mimiques ; tout soutient parfaitement l'ivrognerie du personnage, tout est là sans en faire trop non plus. De plus, comme, finalement, c'est lui qui apporte un peu de lumière et de sourire chez le spectateur, par son décalage avec le reste de la pièce beaucoup plus sombre, on se laisse plus facilement entraîner dans son jeu. Et bien sûr, le dernier acteur, Stanislas Roquette, incarne LE fils : démarche de jeune - nonchalante - , visage ne laissant rien transparaître, parlant rarement et ne disant finalement pas grand chose, la composition de son personnage est excellente. Entouré de tous ces grands du théâtre, ce jeune acteur ne se laisse pas enfoncer, et parvient à tirer son personnage assez haut : tout comme les autres, on le regarde faire, on le suit des yeux sans savoir vraiment pourquoi, on attend. Mais on ne se déscotche pas. 

Finalement, ce spectacle ne s'éclaircit pas au fil de la pièce, bien au contraire. On s'y pose de nombreuses questions auxquelles aucune réponse n'est apportée : quelles sont les relations entre le fils et ses parents ? Pourquoi est-il réellement revenu ? Était-il en prison ? Ses parents souhaitaient-ils son retour ? Le visage des acteurs ne laisse rien transparaître des intentions des personnages. Tout est fait pour être inquiétant, tout comme cette musique de fond, qui ne gène en rien, mais accentue cette atmosphère de tension. Le décor, derrière ce qu'on peut imaginer être la maison des personnages, est magnifique. Mais malgré la beauté du paysage, le tableau que l'auteur nous fait de la Norvège ne nous donne pas envie de s'y ballader. 

A voir, ne serait-ce que pour le jeu des acteurs, et pour dire "j'ai vu du Jon Fosse".   

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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 00:49

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Critique de Le gros, la vache, et le mainate, vu le 1er Mars au théâtre du Rond-Point

[ Avec Pierre Guillois,Olivier Martin-SalvanJean-Paul MuelLuca OldaniPierre Vial, dans une mise en scène de Bernard Menez  ]

On m'avait prévenue. On m'avait prévenue que c'était spécial. Que c'était limite choquant. Qu'il fallait être très ouvert d'esprit. Que l'humour était un peu noir. Que les blagues étaient de mauvais goût. Mais on ne m'avait pas dit que ce serait aussi génial !

Une histoire abracadabrante, sans queue ni tête, un renouveau constant, une surprise tout de long ! Voilà un merveilleux spectacle. Et pourtant, question "théâtre dans le théâtre", le genre de mise en scène qu'habituellement je déteste, on est servi ... C'est-à-dire que d'un bout à l'autre, pas à un moment on ne sort de ce "jeu" là. Et comme je vous ai dit, malgré tout, c'est extraordinaire.

Ce spectacle hallucinant raconte donc l'histoire d'un homme qui doit bientôt accoucher. Il est enceint et vit avec son conjoint, mais deux tantes, ne pouvant pas se supporter, arrivent pour assister à l'accouchement. Enfin bref, une histoire étrange et qui ne tient pas debout. Mais qu'importe.

C'est vrai, dit comme ça ça ne fait pas envie. N'empêche. Si j'ai été hésitante au début, en raison du mauvais goût apparent de la pièce, ce malaise a été bien vite dissipé. Dès le premier coup de théâtre, on ne doute plus à un moment de l'excellente soirée qu'on va passer. Et pourtant, le spectacle aborde des thèmes sombres, tels que la mort ou encore la vieillesse, mais avec un tel détachement qu'on ne sort ni choqué ni déprimé. C'est extrêmement bien fait, parfaitement dosé, et les rires sont au rendez-vous. 

De plus, il faut tout de même avouer que la troupe est là, et amène aisément cette pièce à ses sommets. Il est clair que Bernard Menez réalise ici une prouesse considérable en tant que metteur en scène, en nous étonnant continuement. Les acteurs qu'il dirige sont tout aussi bons ; l'auteur de la pièce, qui joue également, du nom de Pierre Guillois, est aussi excellent que son partenaire, Olivier Martin-Salvan : ils forment tous deux un excellent duo, tant pour leurs chorégraphies que pour nous faire rire ! Un autre excellent duo est présent, il s'agit bien sûr de Jean-Paul Muel accompagné de Pierre Vial : ces deux grands acteurs incarnent en travesti les tantes, complètement délurées, qui sont probablement à l'origine du mot de "vache" dans le titre ... Malgré certains passages que certains peuvent trouver choquant, ils sont à mourir de rire : Pierre Vial, que j'avais vu dans un rôle beaucoup plus sérieux dans un Musset, ne se ressemble pas, et on se demande quelle folie l'a poussé à incarner ce rôle. Peu importe, grâce à son immense talent et à son plaisir de la scène, il est parfait. 

On passe une soirée excellente et inoubliable ! Spectacle à ne pas manquer !   


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Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 00:41

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Critique de Jacques et son maître, d'après Diderot, vu le 28 février 2012 à la Pépinière Opéra

 

Le titre aurait pu aussi être "Les aventures de Jacques et son maître" ... Car c'est là toute l'histoire. Y en a-t-il vraiment une ? Car c'est là un bel exemple du "nouveau roman", ou plutôt "d'antiroman" que le roman de Diderot ! Dans son roman, les personnages s'adressent clairement aux lecteurs. Ici, c'est à nous, spectateurs, que parlent Jacques et son maître, respectivement Nicolas Briançon et Yves Pignot. Ils nous expliquent qu'ils ne savent pas plus que nous là où ils vont, puisque tout est guidé par le poète, là-haut ... Tout ce qui se passe est écrit, et tout ce qui est écrit va se passer.

Étrange et déroutant, en effet. C'est spécial, ça fait presque penser à de l'absurde. Ça ne part de pas grand chose, et on n'arrive pas à quelque chose de concrêt ... on n'a pas avancé. Jacques, qui depuis le début de la pièce essaie de raconter "comment il est tombé amoureux", n'arrivera jamais à nous l'expliquer. Et ce n'est pas faute d'essayer ! (voir vidéo)

Pourtant, pas à un seul moment, on ne s'ennuie. Pas à un seul moment nous vient l'idée de penser à quelque chose. On est pris par ce rien, par cette histoire, et surtout par ses personnages ! Car quelles belles incarnations de Jacques et son maître que celles de Nicolas Briançon et Yves Pignot ! Le duo est extrêmement touchant, et on sent la sincérité de leur jeu : ils aiment jouer ensemble et ça se voit. Attachants et amusants, on ne les lâche à aucun moment. Si je connaissais Yves Pignot pour son talent d'acteur, et particulièrement pour le comique, il m'a tout de même impressionnée ici, car il passe aisément de ce registre à quelque chose de plus sérieux, de plus sombre peut-être. Mais la grande surprise est ici Nicolas Briançon, très grand acteur qui m'avait un peu déçue dans Le Songe d'une Nuit d'Été, et qui ici m'a parfaitement satisfaite : il est excellent du début à la fin, extrêmement naturel dans ses réactions, dans sa gestuel et a une véritable présence sur scène.

Mais les autres acteurs ne sont pas au même niveau : sans être mauvaises, il y a quand même un écart assez important entre le jeu des acteurs féminins et masculins. Enfin, une actrice se détache tout de même du lot : l'actrice qui joue l'hôtesse de nos deux personnages est extrêmement convaincante, et même plus : elle parvient sans difficulté à attirer tous les regards vers elle et à les conserver fixés ainsi. Lorsqu'elle est sur scène et qu'elle raconte ses histoires, les spectateurs sont simplements scotchés.

Un spectacle à ne pas rater !   

 

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Lundi 27 février 2012 1 27 /02 /Fév /2012 14:37

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Adrien Melin est un jeune acteur que j'ai découvert dans Le Diable Rouge avec Claude Rich et Geneviève Casile, il jouait le jeune Louis XIV. J'étais plus jeune, lui aussi, et pourtant il me semble que j'avais déjà décelé en lui cette chose qu'on trouve chez les excellents acteurs, ce "petit truc en plus" ... 

Je l'ai après retrouvé dans Ce qui arrive et ce qu'on attend (JM Besset), puis Thomas Chagrin (Will Eno) et Masques et Nez, et enfin dans Il faut je ne veux pas (Besset) qui se joue en ce moment, à l'Oeuvre. Et chaque fois, j'avais l'impression de découvrir un nouveau comédien. Un nouvel excellent comédien.

Tout d'abord jouant un personnage anxieux, hésitant, quelque peu dérouté et dépassé dans la première oeuvre de Besset, on le retrouvait transformé dans le monologue de Will Eno : seul en scène, et malgré la qualité du texte, il parvenait à saisir tous les regards, à faire passer quelque chose par l'histoire de son personnage. Ainsi, je savais qu'il était aussi bon en seul en scène que parmi une troupe. Mais qu'en est-il de la suite ? Et bien c'est simple : dans Masques et Nez, on a du mal à le reconnaître : sa voix est changée, son masque lui cache la moitié du visage, et il le porte très bien, cela donne quelque chose de très naturel : malgré cette composition, il reste excellent. Ainsi, pour Adrien Melin, ni le seul en scène, ni le rôle principal d'une pièce de JM Besset, ni la composition ne semble faire obstacle à son talent. Enfin, on le retrouve aujourd'hui dans une nouvelle pièce de Besset, et il est absolument renversant : incarnant tout d'abord un personnage de Musset, il enchaîne par un nouveau personnage de Jean-Marie Besset, et à nouveau, il est transformé : ses manières, sa diction, tout est adapté selon le contexte. Merveilleux.

Ainsi, Adrien Melin est un comédien complet. Il fait partie de la promotion 2007 du Conservatoire.

Jouant aussi bien du comique que des pièces plus sombre, ou à caractère plus profond, il excelle dans tous les domaines. On attend avec impatience une tragédie, il serait à mon humble avis, un parfait Hippolyte, et un Titus plus qu'émouvant.

Acteur à suivre. Un Grand, il ira loin, très loin.

Publié dans : Avis divers sur le théâtre (troupes, salles, ...) - Par Mordue de theatre
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