Phèdre pédale dans le yaourt. Grec, le yaourt.

Publié le par Mordue de theatre

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Critique de Phèdre, de Jean Racine, vu le 16 mars 2013 à la Salle Richelieu

[ Avec Cécile Brune, Éric Génovèse, Clotilde de Bayser, Elsa Lepoivre, Pierre Niney, Jennifer Decker, Samuel Labarthe, dans une mise en scène (ou plutôt une mise à mort) de Michael Marmarinos ]

Phèdre. Écrire ce nom, le prononcer, le mentionner, ou penser à tout ce qu'il suggère, à la beauté, à la tristesse qui s'en dégage peut nous emmener loin. Phèdre est pour moi la plus belle pièce jamais écrite. Ce personnage est des plus bouleversants. Cette tragédie est un véritable chef d'oeuvre, indéniablement. On s'y attaque lorsqu'on a du talent, du temps, et des comédiens à la hauteur. Le Français semblait tout posséder, sauf peut-être un metteur en scène digne de ce nom. J'accuse Michael Marmarinos de blasphème, de trahison envers Racine, de salissure de son oeuvre, de piétinement de la plus belle pièce du répertoire français. 
Je ne prononce pas cette accusation à la légère, non non. J'estime d'abord que Racine est de ces auteurs qu'on ne peut arranger à son aise, modifier ou même couper. Mais qui êtes-vous pour rajouter du texte aux alexandrins si imposants et sublimes qui composent cette pièce ? Qui êtes-vous pour oser ajouter, avant la réplique de tel ou tel personnage "Et là, un tel dit ..." ? Pourquoi, quel motif vous pousse ? Et pire encore ! Peut-être trouvez-vous le rôle de Panope trop en retrait, mais de quel droit osez-vous lui rajouter du texte ? Faire chanter Panope en pleine tirade ? Indignation. Qu'elle nous rappelle certaines règles de français telles que "Je - première personne du singulier - dis ..." ? Indignation ! Mais enfin, que Panope, lorsqu'elle doit annoncer la mort de Thésée, s'assoie tranquillement et mange un yaourt ! Aucun doute, connaissant bien Phèdre, il n'y a aucune didascalie indiquant "Panope entre. Elle s'assoit et mange un yaourt.". INDIGNATION ! Je ne pensais même pas cela possible : salir à ce point une oeuvre si sérieuse, si touchante. Et ce, dès la scène d'exposition. Phèdre est une tragédie, je ne pense pourtant rien vous apprendre. Dès le début de la pièce, une certaine tension doit se faire ressentir, une appréhension, peut-être même de l'anxiété. Alors là, je vous le dis très honnêtement, faire entrer Hippolyte en train de manger une pomme, c'était peut-être pas l'idée du siècle. Avec la pomme et le yaourt, je me demande si vous n'êtes pas fervent défenseur des règles de bonne nutrition : "5 fruits et légumes et un produit laitier par jour". Etait-ce ça, le but profond de Racine ? Nous faire passer un message nutritif ?
De plus, il faut savoir que le metteur en scène, (a-t-il réellement mis Phèdre en scène ou créé une autre pièce à partir de celle-ci ?), Michael Marmarinos, est grec. Peut-être est-il fier du fait que Phèdre soit une tragédie grecque. Mais, vous savez, peu de gens l'ignorent. Ce n'était peut-être pas la peine de le souligner de toutes les manières possibles : le yaourt, grec bien sûr, le cadre que l'on voit derrière (qui ne semble pas avoir beaucoup de rapport avec l'action, mais j'y reviendrai) avec la mer et le beau ciel bleu, grecs également, l'encens, typique des maisons grecques, des Vénus de Milo affichées sur les murs, et même ces plantes, que, je suppose, on doit retrouver en Grèce. Ok, ok, c'est bon, on a compris. Mais quel besoin d'insister pareillement dessus ? Peut-être me trompe-je (non, en fait je n'en ai aucun doute), mais il me semble que, mis à part le fait que la pièce se déroule à Trézène, Racine n'ait pas franchement insisté sur le cadre, grec sans doute, mais somme toute peu important. Phèdre c'est avant tout une histoire, un texte, et des sentiments. Phèdre n'a pas besoin de cadre pour exister, c'est un fil, un trait fin, qui n'a besoin que du texte pour se sublimer. 
Et j'en viens ici aux derniers outrages que j'ai vus ce soir. Pour compléter votre ignominie, vous avez baffoué les vers de Racine avec une musique continue, forte, insupportable, en bruit de fond permanent. Vous avez placé sur la table un poste de radio, mais oui, un poste de radio ! qui émet souvent des crachottements inutiles et totalement déplacés : pensez-vous sérieusement que Phèdre écoutait la radio ? La météo, les informations ? Les émissions de Meyer ? Enfin ... Comment osez-vous ? Phèdre et un poste de radio. Je ne pensais pas cela envisageable. Mais ce n'est pas tout. Si on trouve ce poste côté cour, on n'est pas moins surpris à jardin, avec la présence incongrue et incompréhensible d'un micro, un micro que j'ai vu utilisé lors de cabarets. Un micro dans lequel les acteurs parlent parfois, et qui cassent le semblant de "pièce" qui pouvait rester. Cela devient ... comme un seul en scène. Et venons-en à la fin. Thésée prononce les derniers vers, puis Panope se lève avec une bâche en plastique. Je ris d'écrire ces mots. "Panope et la bâche en plastique" quelle ironie ! Et on entend alors un bruit de pluie, oui, mais attention : derrière, le cadre avec le beau ciel bleu reste ! Alors, activités paranormales chez Thésée ? Vous ne pouviez pas mieux détruire une pièce, je l'avoue que c'est fait dans les règles de l'art.
Ou si, vous le pouviez. Vous auriez pu faire pire si les comédiens n'avaient pas été bons. Heureusement Phèdre tient la route, et même plus que ça, elle est vraiment bien. Elsa Lepoivre a un port et une voix parfaite, et un charme fou. Les scènes de fureurs sont tenues, les scènes de doutes ou de tristesses également. Merci pour ce petit ajout positif. Merci aussi à Eric Génovèse qui, malgré l'élongation de sa tirade sur Hippolyte, parvient à nous maintenir en haleine. Une petite note pour Pierre Niney, qui nous éblouit tant dans les comédies, et qui, après un départ un peu faux, des alexandrins trop accentués, a su rétablir un ton plus calme et adapté en fin de pièce. J'aimerais remercier Clothilde de Bayser, qui tient son rôle d'un bout à l'autre, mais d'une manière si contraire à ce qu'il devrait être ... Indications de mise en scène bien sûr, mais Oenone semble ici transformée en Toinette, et c'est bien dommage. Les acteurs font ce qu'ils peuvent, c'est vrai, il faut le reconnaître. Mais je ne comprends pas comment il est possible d'accepter de jouer dans pareilles conditions. Comment accepter de manger un yaourt lorsqu'on joue Racine. Comment accepter de parler dans un micro. Comment accepter d'écouter la radio.

Honte. Sacrilège. Dégoût. Comment peut-on présenter cela au Français ? Comment un tel chef-d'oeuvre peut-il être saccagé de la sorte ? N'allez pas vérifier, ce n'est pas nécessaire. Si on pleure, c'est du désastre qui nous est présenté. Et si on rit, c'est pour se moquer de ce qu'on a sous les yeux. Oser tourner une pièce si remarquable en ... dérision ? Je ne m'en remets pas. pouce-en-bas

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Louis-Marie 27/04/2013 18:59


Votre sentiment rencontre exactement le mien! Je me suis aussi laissé aller à une critique, sans doute avec des mots moins forts, mais dans la même optique:
http://fides-et-ratio.over-blog.fr/article-phedre-insipide-aux-fran-ais-117408126.html

pierrot, ermite des routes 18/03/2013 16:44


Ici Pierrot, ermite des routes


bravo à votre blogue
(et vos critiques remarquables sur les pièces de théâtre de Paris)
à qui je dédie ma chanson,
Molière:)))


MOLIERE


COUPLET 1


ca n’me tente pas
de chanter comme un vieux
que tout l’Québec tient s’es pilules
pour mieux le contrôler


dans un mélange explosif
d’anti-dépresseurs
de somnifères
moé ca m’écoeure


j’me suis jure d’mourir dans rue
mème malade même dans la gene
comme Molière sur la scène


EN HAUT


Molière, Molière, Molière
tu jouais l’malade imaginaire Molière


t’es mort sous les applaudissements
moi ce s’ra entre deux océans


comme cercueil le Canada que j’aime tant
comme cerceuil le Canada que j’aime tant


Oh Molière,
le dieu de ma langue française


COUPLET 2


ca n’me tente pas
de chanter pour un chef d’État
qui par une guerre s’amuse
à mieux nous controler


dans un mélange explosif
de trop de jeunes soldats qui meurent
des québécois, moi ca m’ecoeure


j’me suis juré
d’crier dans rue
pour une fois votez du bon bord
pour sortir nos trop jeunes soldats
d’la mort


EN HAUT


Molière, Molière, Molière
la guerre c’est rien d’imaginaire
Molière


t’es mort sous les aplaudissements
mais icitte entre deux océans


y a trop d’cercueils dans mon Québec
que j’aime tant


y a trop d’cercueils
dans mon Québec
que j’aime tant


oh Molière
le Dieu de ma langue française


COUPLET 3


ca n’me tente pas
de chanter comme un vieux
que tout l’Québec tient s’es pilules
pour mieux le contrôler


dans un mélange explosif
d’une immense colère d’électeur
parce qu’un malade imaginaire
cultive la peur


j’me suis juré d’chanter la rue
pour que mes mots s’rendent à l’ONU
au nom de millions d’enfants disparus


ne suis qu’un vagabond céleste
loin de la haine et de tout l’reste


qui trouve les pilules Oh Molière
comme les bombes dans une guerre


scandaleuses et obscènes


Oh Molière
le Dieu
de ma langue française
que j’aime


Pierrot
vagabond celeste


Pierrot est l’auteur de l’Île de l’éternité de l’instant présent et des Chansons de Pierrot. Il fut cofondateur de la boîte à chanson Aux deux Pierrots. Il fut aussi l’un des tous premiers
chansonniers du Saint-Vincent, dans le Vieux-Montréal. Pierre Rochette, poète, chansonnier et compositeur, est présentement sur la route, quelque part avec sa guitare, entre ici et ailleurs…


——-


Dans le cadre
de mon vagabondage poétique
et numérique,


permettez-moi de vous faire découvrir
un conteur international du Québec
Simon Gauthier,
fascinant poète-passeur
de la scène


peut-être aurez-vous l’occasion
d’assister à sa prestation


PARIS


SIMON GAUTHIER
CONTEUR INTERNATIONAL DU QUEBEC
SPECTACLE « LE VAGABOND CELESTE »


25 MAI 2013,
21 H À 22H 30
LE PETIT NEY
10 AVENUE PORTE-MONTMARTRE


PARIS


puis-je aussi me permettre de vous partager
son courriel du 1ER MARS 2013


——–


Allo Pierrot, je suis en France.
Je rentre demain au Québec.


Il fait froid et humide partout, même dans les lieux publics. Il fait gris et un brin de soleil redonnerait du tonus à tout le monde!


Je voulais te dire que j’ai raconté (ou plutôt) le vagabond céleste est passé et a été entendu
à Quévin (près de LOrient en Bretagne)
Il a été entendu à la prison de Béthune (Nord de la France) et pas un prisonnier ne s’est levé durant le spectacle (comme il est de coutume) les
gardiens mon dit que c’est la première fois qu’ils voyaient ca!)


et le Vagabond à passé à Lille avec son et éclairage, 3 rappels!
Les gens sont restés longtemps
et plusieurs larmes d’espoir brillaient dans le noir.


Plusieurs messages me sont parvenus pour te dire merci!
Merci!
Merci!
++++


Autrement la tournée me rentre dans le corps. Un bon brin de fatigue et de
grippe à la gorge.
De bonnes tisanes et des amis pour guérir
+


+++
J’espère que tu vas bien et que ton travail de vulgarisateur âme, société,
gens et pays oeuvre d’art
va bien!


On se voit sous-peu
en mars, si la vie le veut!
pour aller plus loin!


Bonne journée
Simon :+)


—–


REPONSE DE PIERROT
A SIMON GAUTHIER
CONTEUR INTERNATIONAL DU QUEBEC


Cher Simon


Je te prédis un succès international
parce que tu es un poète-passeur:)))


Bravo Simon
longue vie à ta vie d’artiste
et de conteur international


——–


JOURNAL LE REFLET DE TADOUSSAC
VOLUME 7, NUMERO 34
MERCREDI 29 AOUT 2012


CRITIQUE


DÉDÉTORIAL
LE VAGABOND CELESTE DE SIMON GAUTHIER
Bien fatigué, j’y suis allé avec la peur de m’endormir.
Finalement je voulais que ce récit ne puisse finir afin de ne
pouvoir partir pour continuer mes rêves.
Quelle prestation! C’est l’histoire inspirée d’un personnage qui
est passé par Tadoussac et que plusieurs ont eu la chance de
côtoyer. Dans un premier temps il a séjourné trois semaines
à l’Eau Berge puis il est revenu pour repartir sur la route de
ses rêves. C’était un petit «grand homme» à chapeau, barbe
blanche et guitare en bandoulière qui composait des chansons
sur les gens rêveurs essayant de réaliser leurs rêves. Plusieurs
personnages de Tadoussac ont noirci son cahier.
Son Histoire remonte à plusieurs années alors qu’il était bien
installé dans le nord de Mtl plus précisément à Val David. Là-bas,
il avait tout pour être heureux, maison, femme, famille
et argent……
Un matin il s’est levé pour annoncer autour de lui qu’il laissait
tout et partait sans le sous, vivre ses rêves. On a cru à un
coup de déprime, on a tenté de le retenir mais devant ses
arguments on a fini par le comprendre et lui souhaiter bonne
chance dans son rêve. Pendant 5 ans il a fait les quatre coins
du Québec sans rien demander à personne. Les hasards de
la vie le guidaient au quotidien. Il attendait qu’on lui offre
une «raye» pour avancer, sinon il marchait inlassablement.
Jamais il a demandé à manger ou coucher, c’était… quand on
l’invitait!
Simon Gauthier l’a rencontré par le biais de Richard Fontaine
qui lui aussi à sa façon, vagabondait ici et là avec ses pinceaux
comme compagnons de route.
Depuis, selon Simon ce «Vagabond Céleste» a balancé sa
guitare à la rue pour s’installer dans une petite chambre
dénudée près de l’Oratoire St Joseph, et il parcours les
bibliothèques. A date il a à son actif une maîtrise et plusieurs
doctorats en poche sur le rêve.
Son nom est Pierrot (mais lequel?) Un monument existe
encore en son honneur, rue St-Paul dans le bas le la ville de
Mtl.
Fondateur des Deux Pierrots dans le vieux, cette
boite mythique des plus fréquentée encore, est le seul endroit
qui ait survécu aux Boites à Chansons qui nous ont donné
nos grands: Claude Léveillé, Vigneault, René Claude, Claude
Gauthier, Raymond Lévesque, etc
Si Pierrot en quittant, gloire, succès et argent pour vivre ses
rêves est un message d’espoir, un baume sur le mal de vivre
qui nous guette, Simon Gauthier par son spectacle nous a fait
découvrir quelqu’un de chez nous porteur de bonheur.
Simon offre à quiconque veut découvrir plus intimement
ce personnage, de venir dans vos maisons, vos salons, vos
verrières vous présenter cet être lumineux.
Est-ce le présage que notre conteur national se prépare à
parcourir les routes du monde avec dans son pack sa

Minyu 17/03/2013 13:39


Ouch... Ah oui, tu n'y vas pas de main morte... Bon. Comme quoi, la Comédie-Française est capable du pire...


J'avoue que j'ai bien envie d'aller le voir, ce genre de choses aurait plutôt tendance à me faire rire (un rire nerveux, causé par le désespoir, bien entendu).