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Nicoméo et Julias : un Shakespeare un peu trop Briançonnesque

Publié le par Mordue de theatre

Critique de Roméo et Juliette, de Shakespeare, vu le 22 janvier 2014 au Théâtre de la Porte St-Martin
Avec Ana Girardot, Niels Schneider, Valérie Mairesse, Bernard Malaka, Dimitri Storoge, Cédric Zimmerlin, Bryan Polach, Charles Clément, Valentine Varela, Mas Belsito, Pierre Dourlens, Pascal Elso, Adrien Guitton, Côme Lesage, Geoffrey Dahm, Eric Pucheu, Ariane Blaise, Marthe Fieschi, et Noémie Fourdan, dans une mise en scène de Nicolas Briançon.

Qui ne connaît pas l'histoire de ces deux amants, à l'amour impossible car interdit ? La haine de leurs deux maisons, Capulet et Montaigu, empêche en effet tout rapprochement des deux jeunes gens. Mais, tombés fous amoureux l'un de l'autre lors d'un bal, ils se marient en secret. Malheureusement, Roméo étant coupable d'un crime envers les Capulet, il est condamné à l'exil, et Juliette se voit obligée par son père de se marier avec Pâris. Voulant se retrouver et partir tous deux, un malentendu les réunira finalement tous deux dans la mort. La langue de Shakespeare est belle, ce n'est pas une nouveauté, tout comme la patte de Nicolas Briançon est visible. Mais sur ce spectacle, elle est peut-être trop présente, eclipsant le grand William.

Je connais bien les spectacles de Nicolas Briançon maintenant, et il n'y en a pas un que je n'ai pas aimé. Mais ici, on sent trop le metteur en scène derrière le texte. Déjà, un grand défaut de ce spectacle, c'est qu'il n'y a pas d'émotion palpable. Je n'ai rien ressenti ou presque, un petit frisson lors de la mort de Roméo. Mais sinon, n'est pas franchement ému, et c'est parfois même l'inverse qui se produit : lors de la mort de Mercutio, ami de Roméo, des rires fusent. Ces rires, qui reviennent à d'autres reprises durant le spectacle, sont le signe que quelque chose ne va pas dans la mise en scène : le tragique de la pièce s'est envolé. Cela est dû aussi à certains partis pris de Nicolas Briançon, avec lesquels d'ailleurs je ne suis pas d'accord : la manière de traiter le père de Juliette m'a déplu, puisqu'il apparaît grotesque et caricatural, et qu'on ne croit plus à son personnage, il ne provoque pas l'inquiétude qu'il devrait, on ne comprend pas pourquoi Juliette est effrayée alors qu'elle devrait presque rire devant la colère bouffone de son père. Ce lit mobile, qui traverse la scène à plusieurs reprises, le lit de Juliette, est une idée dont on aurait pu se passer. Ce n'est pas esthétique, et je n'en comprends pas la signification. Et puis, quel casting étrange ! On n'aurait pu trouver pire Juliette, d'après moi. C'est d'ailleurs très visible sur la vidéo (ci-dessous), au moment où elle parle à sa Nourrice, on entend bien qu'elle n'a pas d'intonation, qu'elle ne transmet rien ; elle a également du mal à se tenir sur scène : elle reste bras ballant, comme si elle ne savait que faire de son corps. Ana Girardot manque aussi de métier, car elle s'est pris les pieds dans son texte à plusieurs reprises, et ça pardonne difficilement, au théâtre. Elle a la jeunesse de Juliette, mais il lui manque le charme et la naïveté, l'insouciance de l'enfance. Son Roméo est plus convaincant, il a une bien meilleure maîtrise de son corps, même s'il lui reste un peu de chemin à parcourir. Il prend de l'assurance durant le spectacle et son Roméo est frais et amoureux. De même que pour sa partenaire, il faut faire attention dans la diction, car il y a certaines phrases dans lesquels il se perd : il les dit, mais il ne paraît pas les comprendre. Du coup, nous, spectateurs, nous nous perdons également, car la phrase manque d''intonation explicative.

Passé le jeune duo un peu faible, le reste de la distribution m'est apparu bien plus convaincant. A commencer par Valérie Mairesse, excellente Nourrice, un sens du rythme excellent, qui apporte cette vitalité au spectacle qui manquait aux deux jeunes. Bernard Malaka interprète un très bon Frère Laurent, prêtre de confesseur de Roméo, prêt à aider les deux jeunes gens dans leurs problèmes. Il a cette humanité, indispensable au rôle, qu'il endosse avec brio. Dimitri Storoge est un Mercutio très convaincant ; on regrette cependant quelques incompréhensions face à son personnage, peut-être liées à des coupes de texte : lors de la bataille qui conduira à sa mort, par exemple, il dit qu'il ne veut pas y participer avant, puis, d'un coup, sort un couteau et provoque son adversaire. Une scène qui m'a laissée perplexe. Le reste de la troupe n'est ni brillant ni médiocre ; ils font tous un travail correct, guidés par leur metteur en scène, Nicolas Briançon.

J'avais une vague idée du spectacle auquel j'allais assister avant d'y être, et je ne me trompais pas. Nicolas Briançon veut faire grand public, mais il faut parfois faire attention à ne pas en faire trop. Les lumières nous ravissent les yeux, les ombres des arbres sur les hauts décors sont une belle idée. Transformer les deux familles en espèce de mafieux italiens, aussi, pourquoi pas ! Et de la musique, comme toujours, de la musique car ça ravit et que ça ne peut pas faire de mal dans un spectacle... Mais c'est un peu facile tout ça. Roméo et Juliette, c'est plus profond que de la guitare et de belles ombres. Alors oui, on passe un moment agréable, mais on voit plus Briançon qu'on n'entend Shakespeare. On rit plus qu'on est ému. Faire rire, c'est bien, mais rire parce que le texte y invite, c'est mieux. Rire pour détendre, c'est une erreur, pour moi. De la triche.

C'est un bon spectacle, mais ce n'est pas un bon Shakespeare. On aurait voulu un peu moins de Briançon, un peu plus de William... 

Elle court, elle court, la Maladie de la mort

Publié le par Mordue de theatre

Critique de La Maladie de la mort, de Marguerite Duras, vu le 18 janvier 2014 au Vieux-Colombier
Avec Alexandre Pavloff et Suliane Brahim, dans une mise en scène de Muriel Mayette-Holtz et Matthias Langhoff

Le décor est impressionnant. Il monte très haut et s'incline en descendant vers le plateau, de sorte qu'il ne laisse qu'un petit espace scénique disponible. Sur les murs qui composent ce décor, des écritures. Parfois, je ne comprends pas à quoi elles correspondent : on dirait presque des indications de mise en scène, des didascalies, et pourtant ce n'en est pas. Mais sur le mur central, une lettre, qui commence par "Chère Madeleine", que l'on suppose extraite d'une correspondance entre Marguerite Duras et Madeleine Renaud. Sur ce mur là sera projeté, durant toute la pièce, un film (qui d'ailleurs avait déjà été utilisé pour une mise en scène ancienne de Langhoff). Film sans sens évident, plutôt comme des images à la suite qui n'ont pas forcément de rapport. Je m'interroge : pourquoi ? Pourquoi ces écritures sur les murs, pourquoi ces images d'éléphant, de singe, d'ouvrier, de banquise ? Et peu à peu, des réponses. Comme cet homme qui tourne autour de cet iceberg en avion, Lui cherche à comprendre l'être qu'il a en face, Elle. Lui cherche à briser la glace, mais n'y parviendra pas. Il y aura toujours quelque chose qui les sépare, ne serait-ce qu'un sentiment, un mode de pensée, un mode de vivre. Juste la vie. Comme ces ouvriers qui, peut-être, sont en train de construire un barrage, elle est innateignable pour Lui, qui a, en lui, cette Maladie de la mort.

On ne saura pas tout. Elle entre, avec la grâce qu'on lui connaît, la spontanéité et la légèreté qui est la sienne. Qui mieux que Suliane Brahim pour incarner La Femme ? Elle se sèche les cheveux, elle se déshabille puis se met au lit. Lui entre. Chemise blanche, pantalon noir, mains dans les poches, l'air triste, un peu anxieux, Alexandre Pavloff se place sur le devant de la scène côté cour, et commence son monologue. On comprend qu'il a payé cette femme pour voir, pour essayer d'aimer cet être si différent de lui, pour essayer de faire comme cela doit être. Elle a compris, assez vite, que Lui était différent. Que Lui était porteur de La Maladie de la mort, c'est-à-dire qu'il ne peut éprouver de sentiments pour cette femme et donc qu'il ne peut, en fait, pas vivre. Est-ce une difficulté à aimer une femme, ou à aimer tout court ?

C'est autour de ce thème que porteront les interrogations de Lui. L'abandon total de soi lors de l'acte d'amour semble ne pouvoir être atteint que par les femmes, et cela est sources de nombreux questionnements de la part de Lui. L'amour, le sexe, le désir, les sentiments, l'expression de ces sentiments sont autant de points qui troublent notre inconnu. Il ne semble pas comprendre ce qu'il a de différent, il tourne en rond, cela l'angoisse, de plus en plus, il craque, il pleure, mais Elle ne s'en inquiète pas. Elle dort. Elle dormira pendant toute la pièce, puis elle partira. Le texte de Duras est sublime. Je ne connaissais pas l'auteur et je suis tombée sous le charme de ses mots, de ses phrases chocs et pourtant simples, de sa vision du monde. 

Alexandre Pavloff a tout à fait la carrure pour porter ce texte. Il est captivant, sans faire aucun geste, tout est dans le ton, la manière de dire, d'exprimer ce qu'il ressent. Il semble déchiré en entrant, et puis s'effondrer encore plus, tombé dans un gouffre à la mention de cette Maladie de la mort qui lui colle à la peau, qui est en lui, qui est Lui. Pourtant à plusieurs reprises il fera de nouvelles tentatives d'aimer, de désirer, de comprendre le corps qui est là, sur le lit près de lui. Mais un certain dégoût semble le gagner devant la jouissance de ce corps. Le corps, qu'il sépare même presque de l'âme. Je ne saurais parler assez bien du texte, l'ayant entendu pour la seule fois hier. Je laisse le soin à Alexandre Pavloff de vous convaincre, et il saura le faire.

On en ressort bouleversé et bourdonnant de questions. Le texte est profond et donne à réfléchir, porté au plus haut par ces acteurs, dont la seule voix permet de transmettre toute émotion. Une association Pavloff-Duras mortellement parfaite. Un beau moment de théâtre. ♥ ♥ ♥

Au théâtre 14, un Orphée dépourvu de tout lyrisme

Publié le par Mordue de theatre

Critique d'Eurydice, de Jean Anouilh, vu le 12 janvier 2014 au Théâtre 14
Avec Jean-Laurent Cochet, Sam Richez, Vincent Simon, Maryse Flaquet, Fabrice Delorme, Norah Lehembre, Catherine Griffoni, Jean-Pierre Leroux, Julien Morin, Jean)Claude Eskenazi, Jacque Ibranosyan, François Pouron, Anthony Henrot, Pierre Ensergueix, dans une mise en scène de Cochet/Richez

Ce qui choque tout d'abord, c'est la première scène. On est dans le café d'une gare, un père (Jean-Laurent Cochet) et son fils (Sam Richez), qui joue du violon, y font passer le temps, attendant probablement un train. J'avais oublié à quel point le jeu de Cochet était parfait, et en deux mots je le reconnaissais à nouveau comme l'immense acteur qu'il est. Et ce, d'autant plus qu'il était à côté un acteur profondément décevant. Quel gouffre, quel choc de les voir l'un en face de l'autre. Cochet l'air assuré, la diction magistrale, le visage expressif, les yeux brillants. Richez, l'air éteint, la diction molle, le visage figé, les yeux vides. Difficile de l'écouter, de laisser son attention sur lui plus de quelques instants. Malheureusement, il incarne le rôle principal, et il sera présent dans pratiquement toutes les scènes jusqu'à la fin. Quelle erreur de distribution ! Moi qui connaissait un Cochet exigent et dur, que s'est-il passé ?

Rappelons brièvement l'intrigue d'Anouilh, qui reprend le mythe d'Orphée et Eurydice et le place en milieu contemporain. Eurydice fait partie d'une troupe de théâtre en tournée lorsqu'elle rencontre Orphée dans une gare, qui joue du violon. Ils tombent fous amoureux l'un de l'autre et partent ensemble pour Marseille, où Eurydice meurt écrasée par un bus. Désespéré, Orphée trouve alors l'aide d'un certain M. Henri, qui les avait observés à la gare, et qui lui propose de retrouver Eurydice, à la seule condition qu'il ne la regardera pas jusqu'au matin... Ce qui arrive, inévitablement.

Au fil du spectacle, on sent un véritable clivage s'installer entre les deux générations d'acteurs. Lors des rares apparitions de Catherine Griffoni ou de Jean-Pierre Leroux, par exemple, c'est un régal ! Elle est exaltée et quelque peu hystérique, sa voix porte et son jeu est excellent. Lui, il sait transmettre toutes les émotions, il a su nous faire pleurer, aujourd'hui il nous fait rire. Sa voix, on pourrait l'écouter des heures. On se demande bien ce que les deux acteurs font là. De même que Cochet, qui signe la mise en scène : chacune de ses apparitions est un bonheur pour nos sens, car on voit du vrai théâtre. Sinon, il faut avouer qu'on a face à nous des amateurs. Comme si Cochet avait décidé de nous montrer un cours qu'il donne. Le pire étant Sam Richez, qui n'a rien d'un acteur, qui est mou et inintéressant, semblant las et perdu sur scène, se tenant mal, les bras ballants, la voix mal posée, mâchant ses mots... En bref, je ne comprends pas pourquoi, comment Cochet a choisi un tel pseudo-acteur pour incarner ce (pourtant) beau rôle qu'est Orphée. Eurydice s'en sort mieux, bien qu'elle lâche prise à un moment du spectacle, lorsque tout repose sur ses épaules, elle perd un peu pied et se met à crier de façon délibérée, comme si elle ne savait plus quoi faire pour nous intéresser. Cependant, le reste du temps, elle intérprète le rôle titre avec grâce et passion, le regard vif, ses yeux ne s'attardant pas plus de quelques secondes à chaque endroit de la scène. Vincent Simon, qui interprète M. Henri, cet homme étrange qui permettra à Orphée de revoir Eurydice, a un jeu intéressant, mais qui est malheureusement mêlé à un manque de technique, ce qui l'empêche de briller. 

Quel dommage, quel massacre. On peine à entendre la belle langue d'Anouilh, majoritairement écrasée par la langue plate de Sam Richez. Mais il n'est pas le seul. Cochet a réuni une troupe amateure et ça se sent. Un beau moment de la pièce, lorsqu'un secrétaire lit la lettre qu'Eurydice écrivait à Orphée avant de mourir, est trahi par Pierre Ensergueix, qui ne fait que lire platement, sans transmettre aucune émotion. Lorsqu'on essaie d'écouter avec attention, on reconnaît l'auteur qu'on admire tant. Mais il faut s'accrocher, et, comme dit Peter Brook, au théâtre, le diable c'est l'ennui. Lorsqu'un spectacle demande un effort de notre part pour être entendu, ça ne vaut pas le coup. Ajoutons à cela un manque de mise en scène, d'idée, de direction d'acteur. Ils sont laissés en roue libre ; alors évidemment, les plus expérimentés s'en sortent bien, mais les autres ont peu de chance d'y arriver. 

Si le spectacle avait pour but de nous montrer les faiblesses des jeunes acteurs en les comparant à des anciens bien plus doués, c'est réussi. En revanche, si vous voulez entendre le génie d'Anouilh, il faudra repasser. 

Une Sonate entre la Pathétique et les Adieux

Publié le par Mordue de theatre

Critique de Sonate d'automne, d'après Ingmar Bergman, vu le 2 janvier 2014 au théâtre de l'Oeuvre
Avec Françoise Fabian, Rachida Brakni, et Éric Caruso

Que l'on se mette d'accord immédiatement. J'aurais pu voir le film de Bergman avant d'assister à ce spectacle, et c'est un choix conscient que de ne l'avoir pas fait. Je voulais découvrir la pièce sans avoir forcément à la comparer au film. Alors que les amateurs de Bergman calment d'avance leurs adeurs, je n'ai jamais eu de prétention cinéphile, je me contenterai simplement dans cet article de parler de ce beau spectacle que j'ai vu au théâtre de l'Oeuvre.

La pièce est sombre, elle porte autour d'une relation mère-fille qui se désagrège, bien qu'elle n'ait jamais été fameuse. La mère, Charlotte, est une pianiste de renommée mondiale, sur le déclin depuis quelques temps cependant. Sa fille, Eva, vit avec son mari dans une maison isolée, et la jeune soeur d'Eva, Héléna, atteinte d'une maladie assez lourde, va venir habiter avec eux. Eva et Charlotte ne se sont pas vues depuis 7 ans, mais cela n'empêche pas Eva d'inviter sa mère a passer quelques jours chez eux, pour se reposer un peu. A peine arrivée dans cette maison isolée, loin du succès et de son monde habituel, une certaine gêne s'installe, et l'affrontement débute...

Cet embarras, qui naît avec l'entrée dans la maison de Charlotte, se poursuivra croissant durant toute la pièce. La tension sous-jacente croitra également, jusqu'à exploser en la personne de Rachida Brakni. La musique est également là pour renforcer cette tension, cette pression qui est imposée par le jeu, consciemment lent et maladroit, des acteurs. Le prélude de Chopin, que l'on entend à plusieurs reprises, était sans doute la mélodie idéale. Il pèse par ses dissonnances, son rubato chaotique, son rythme lent et lourd. La musique a de plus un rôle double dans la pièce, puisqu'elle est la base du gouffre qui sépare la mère et la fille. A chaque note, Rachida Brakni se renfrogne, ses traits ses crispent, ses mains se serrent. A l'inverse, Françoise Fabian y trouve un souffle, une bouffée d'air, un morceau de vie. Rien que ces moments là, cette opposition si marquée dans leurs réactions face à la musique, un geste, une expression, marquent l'opposition qui se fait de plus en plus oppressante.

Bien sûr, tout cela est mené d'une main de maître par les trois acteurs, qui s'affrontent durant le spectacle. Deux femmes, un homme. Tous essentiels. Lui est là pour calmer le jeu, sa voix est douce et sa diction particulière, son ton est apaisant, ses remarques ne se veulent pas blessantes. Il n'est pas aimé, et il le sait, il parle comme s'il était déchiré de l'intérieur mais qu'il s'était résigné. Il est touchant et il ne semble réellement voir que lorsqu'il regarde sa femme, Rachida Brakni. Elle est plus déterminée. On sent qu'elle voudrait éviter de craquer devant sa mère, au début, elle ne tient pas à lui reprocher quoi que ce soit. Mais l'inévitable arrive, et lorsqu'elle déballe tout, elle change totalement de visage. Elle qui semblait tout craindre avant a maintenant un visage méchant, les sourcils froncés, comme un chien prêt à mordre. La transformation est impressionnante et effrayante. Françoise Fabian, en revanche, reste comme à part de tout ça. Elle ne veut pas voir, comprendre ce qu'elle a en face d'elle, elle évite, elle tourne la tête, elle change de sujet. A peine un peu d'inquiétude passe sur son visage qu'elle semble déjà avoir oublié et être passée à autre chose. Comme si la confrontation n'allait que dans un sens, dans un premier temps. Et puis, atteinte, touchée au coeur, l'inquiétude fait à nouveau surface, s'installe, s'ajoute à l'ambiance pesante pour l'aggraver encore plus. Toujours plus sombre... La mise en scène est également là pour accentuer cette tonalité inquiétante : par exemple, les jeux de lumières sont idéaux, passant de l'ombre à une lumière éclatante. Les jeux d'ombres jouent beaucoup aussi. La musique enfin, comme je l'ai mentionnée plus haut, a son importance, et ce prélude qui revient à plusieurs reprises ne fait qu'enfoncer le spectacle dans une ambiance toujours plus pesante.

Le spectacle donne finalement très envie de découvrir le film, même si je pense préférer la présence d'acteurs en chair et en os devant moi. Et pour ces trois grands comédiens, on ne peut que conseiller de découvrir cette sonate au ton malsain. ♥ ♥ ♥

Publié dans Oeuvre, Critiques

Gagnez vos places pour Roméo et Juliette au Théâtre de la Porte Saint-Martin

Publié le par Mordue de theatre

Le retour de la pièce emblématique après 40 ans d'absence sur la scène privée ! Entourés d'une troupe de plus de 20 acteurs, Ana Girardot et Niels Schneider seront les héros de cette nouvelle production du Théâtre de la Porte Saint-Martin. Après la Nuit des Rois et le Songe d'une nuit d'été, Nicolas Briançon met en scène la pièce la plus célèbre du répertoire de Shakespeare, Roméo et Juliette. Retrouvez la plus belle histoire d'amour du théâtre classique dans une mise en scène prestigieuse et populaire, à partir du 16 Janvier 2014.

Grâce au Théâtre de la Porte Saint-Martin, 3*2 places sont à gagner pour la représentation du jeudi 16 janvier 2014 - la première - à 20h.

Pour gagner vos places pour la représentation, il suffit de répondre à cette question :
Comment s'appellent les deux familles ennemies de la pièce ?
Envoyez votre réponse à mordue.de.theatre@free.fr ; les plus rapides pourront assister au spectacle !

Et les gagnant(e)s sont : Marie T., Aurélie A., et Claire N. ! Bravo à elles !

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