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150 articles avec critiques

La Grande Magie, Eduardo de Filippo

Publié le par Mordue de theatre

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Critique de La Grande Magie, de Eduardo de Filippo, vu le 24 octobre 2010 à la Comédie Française

[ Avec Claude Mathieu, Michel Favory, Cécile Brune, Éric Génovèse, Alain Lenglet, Coraly Zahonero, Denis Podalydès, Jérôme Pouly, Marie-Sophie Ferdane, Hervé Pierre, Gilles David, et Suliane Brahim ; mise en scène Dan Jemmett]

 

Enfin une pièce à la hauteur de la réputation de la Comédie Française !

Tout d'abord, la mise en scène et les comédiens sont tout à fait excellents ; les comédiens vivent vraiment leur rôle, on ne s'ennuie à aucun moment. Néanmoins, je souligne le fait que, et il paraît que c'est à la mode en ce moment, les comédiens qui ne jouent pas dans la scène que les spectateurs observent restent sur les côtés, assis à des tables en fumant, ce qui est tout de même un côté négatif, je trouve. 

De plus, cela sort totalement de l'habituel Théâtre Français : en effet, cette pièce italienne est vraiment étrange ; on ne comprend pas tout dès la première fois, on ne voit pas où l'auteur veut en venir, on ne sait que penser lorsqu'on sort ; on a les idées complètement tourneboulées.

Enfin, on y retrouve un décor magnifique et des costumes élégants, et un Podalydès brillant ; tenant toute la "première partie" de la pièce avec une tête d'enterrement, l'autre partie complètement fou ; on adhère ! Podalydès est presque toujours présent, et on regrette que tous les comédiens, bien que très bons, ne soient pas à son niveau ... Ah si ! Le magicien, joué par Hervé Pierre, est tout à fait formidable ; lui est TOUJOURS présent, ne montre aucun signe de fatigue ou de faiblesse, se "donne à fond" durant toute la pièce, jouant même un peu avec les spectateurs au tout début !

Placement : dans les premiers rangs, à droite face à la scène (il s'y passe plein de choses)

Léocadia, Anouilh

Publié le par Mordue de theatre

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Critique de Léocadia, de Jean Anouilh, vu début septembre au théâtre 14
[ Avec Geneviève Casile, Cédric Colas, Pierre Dumas, Noémie Elbaz, Jean-François Guilliet, Thierry Harcourt, et Davy Sardou ; mis en scène par Thierry Harcourt ]
 
Non. Non, ce n'est pas un problème de texte ; le texte est très bien.
Non. Non, ce n'est pas un problème de mise en scène ; elle est bien également.
Non. Non, ce n'est pas de la faute de Geneviève Casile, ni de Noémie Elbaz.
Cette pièce manque de charme, et ce à cause d'un seul comédien : Davy Sardou.
En effet, celui-ci n'est dans son rôle que pendant 30 secondes ; lorsqu'il passe en vélo au début de la pièce. Il dit une phrase ... Ca passe encore (disons qu'il aurait pu tomber de son vélo et gâcher encore plus la mise en scène !). 
Mais après ... Il est censé être triste, ailleurs, presque désespéré ... Il n'est rien de tout cela. Il est vide, creux. 
Et c'est très dommage, étant donné qu'il est présent pendant les 3/4 de la pièce.
Cela m'a gâché la pièce.
Si on fait abstraction de cet "élément perturbateur", on s'aperçoit que c'est une bonne mise en scène, où seules peu de choses sont à redire (un peu lent à débuter, peut-être ...). C'est là qu'on s'aperçoit qu'il suffit de peu pour vous gâcher une pièce ! En revanche, c'est vrai que Geneviève Casile est excellente, elle semble réellement inquiète pour son fils et cherche absolument des solutions aux problèmes. Noémie Elbaz est toujours aussi bonne actrice (je l'avais déjà vu dans Les Belles Soeurs) ; et peut-être que le fait qu'elle soit en couple avec Davy Sardou renforce peut-être également son jeu d'actrice ; elle est à plusieurs reprises au bord des larmes, et semble réellement amoureuse de cet homme.
Placement : comme d'habitude au théâtre 14, premiers rangs.

Ce qui arrive et ce qu'on attend, Jean-Marie Besset

Publié le par Mordue de theatre

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Critique de Ce Qui Arrive Et Ce Qu'on Attend, de Jean-Marie Besset (mise en scène Arnaud Denis), vu 6 fois.

[ Avec Arnaud Denis, Jean-Pierre Leroux, Adrien Melin, Virginie Pradal, Jonathan Max-Bernard, Blanche Leleu, et Niels Adjiman//François Mougenot. ]

 

Voilà une pièce … que j’ai vue 1 2 3 4 5 6 fois.

J’avoue que ce n’est pas le genre de pièce que je serais allée voir, si je ne « connaissais » pas Arnaud Denis (voir article). L'histoire ? Un concours décidera de l'architecte qui construira le premier monument sur la Lune ... parmi les candidats, un jeune homme, marié, et qui retrouve un "ami" d'enfance dans le jury ... et un autre homme, plus âge, prêt à tout pour faire aboutir son projet ...  Ce qui arrive et ce qu’on attend. Quel titre, n’est-ce pas ? On comprend d’ores et déjà que la pièce parle de l’attente. Mais pas seulement. Plusieurs autres thèmes y sont abordés, tels que l’homosexualité, les retrouvailles, l’administration… Mais je ne vais pas trop en dire, et vous laisse découvrir la pièce, soit en la lisant, soit en achetant le DVD lorsque celui paraît  (le lien apparaîtra alors ici).

Je vais donc donner mon avis.

Les acteurs sont excellents, très bien choisis : ils sont au nombre de 7 mais ne sont jamais présents tous en même temps ; Arnaud Denis, qui signe aussi la mise en scène, interprète Nils, un jeune homme issu d'un milieu aisé et qui profite un peu de tout le monde - il est le seul qui n'attend rien de spécial, et d'ailleurs il le dit à un moment (il me semble) "j'ai tout mon temps". Arnaud Denis, habitué aux rôles de manipulateur (Scapin, Monsieur Trissotin - à quand Tartuffe ?), excelle ici ; il utilise à bon escient son corps : en effet, il est très grand et permet ainsi de mettre son interlocuteur mal à l'aise. C'est quelque chose de très impressionnant et qui marche très bien - il s'en était déjà servi dans Les Femmes Savantes, et j'avais déjà beaucoup aimé, mais il faut le voir pour comprendre (je ne trouve malheureusement pas de photo pour souligner ce que je dis). Le jeune couple formé d'Adrien Melin et de Blanche Leleu "sonne très juste" ; ils sont naïfs, paraissent instables et semblent réellement destabilisés par l'arrivée de Jason (Jonathan Max-Bernard) ; gay, malade du SIDA, cela fait 20 ans qu'il attend son premier amour ... alors le retrouver derrière une porte, lui en jury et l'autre attendant d'être jugé ... il tentera tout de même sa chance et essaiera de récupérer celui qu'il aime encore ... J. Max-Bernard nous touche grâce à sa qualité de jeu, sincère et efficace. Jean-Pierre Leroux et Virginie Pradal forment également un duo parfait (je n'enjolive pas les choses - tout était excellent, je ne fais que dire la vérité) : l'une directrice de l'Architecture et du Patrimoine, autoritaire, dans la force de l'âge mais agissant comme une furie, et l'autre, prêt à tout pour arriver à ses fins (Lebret, personnage interprêté par JP Leroux, participe également à ce concours). Enfin, un huissier (Niels Adjiman puis François Mougenot - ma préférence va largement au premier !) aide au bon déroulement des choses ... Il fait entrer les uns, sortir les autres, annonce certains personnages ...

La mise en scène est parfaite et je n’ai rien à redire. Les costumes sont simples mais élégants. Le décor … personnellement, je l’adore ! Je me souviens d’une fois où, au commencement de la pièce, une dame derrière moi a dit quelque chose qui ressemblait à « Il est trop simple ce décor ». C’était peut-être la même personne qui a parlé tout le long du spectacle. Mais passons. Le décor ne change pas. Certains accessoires bougent, mais on comprend très bien pourquoi. Je dois dire aussi que la musique est très bien choisie (le groupe Applause).

La pièce dégage une atmosphère de tension, comme une bombe prête à éclater. On sent qu’il y a quelque chose de grave, de très grave, malgré les petites scènes « comiques » entre ces moments dramatiques. Car c’est aussi cela qui fait le Grand de cette pièce. Elle comporte tout ! On rit et on pleure. On est heureux puis anxieux. Et quand on ressort, on n’a plus envie que d’une chose ; la revoir !

 

" Ce qui est arrivé était encore mieux que ce à quoi je m'attendais ..."

 

Voici une vidéo sur la pièce : lien.

Elle passe au Vingtième Théâtre .

Elle passe à présent au théâtre du petit montparnasse (jusqu'au 9 janvier)...  Allez-y, vraiment, allez-y !!!

 

Placement : les premiers rangs ; comme d'habitude !

Le Tartuffe (Tartuffe d'après Tartuffe) de Molière

Publié le par Mordue de theatre

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Critique de Tartuffe d'après Tartuffe de Molière, de Molière, vu le 30 octobre 2010 au théâtre de la Bastille

[ Avec Renaud Béchet, Julian Eggerickx, Barbara Jung, Grégoire Monsaingeon, Gwenaël Morin, et Ulysse Pujo ; mis en scène par Gwenaël Morin ]

 

Une salle remplie, pas de scène, trop d'éclairage ...

Somme toute, une version assez décevante d'une excellente pièce de Molière.

Le metteur en scène, Gwenaël Morin, a travaillé d'une autre façon Molière, avec laquelle je ne suis pas du tout d'accord.

Les décors sont vraiment horribles, le texte est affiché à un bout de salle, il n'y a pas de coulisses ...

Les acteurs surjouent. Les hommes jouent des femmes. Le texte est coupé.

C'est vraiment : soit on adore, soit on déteste ; en fait, je me demande même comment il est possible d'adorer ... Mais bon, tous les goûts sont dans la nature.

Personnellement, vous l'aurez compris, j'ai détesté.

Même avec un peu de recul (à savoir, plusieurs mois), je ne comprends pas comment une telle oeuvre a pu être massacrée à ce point ; rien, rien n'est "recherché", et n'est réellement fidèle au texte. Le metteur en scène ne s'est pas du tout mis au service de l'oeuvre comme il aurait du, il a foncé tête baissée dans ses propres (et mauvaises) idées.

Si il voulait absolument mettre du scotch vert dans une pièce, il n'avait qu'à en écrire une où le contexte était fait pour ...

Placement : les acteurs parlent à un certain moment au public du premier et deuxième rang ... De toute façon, la salle est minuscule.

Publié dans Critiques

Andromaque, Racine

Publié le par Mordue de theatre

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Critique d'Andromaque, de Racine, vu le 29 octobre 2010 à la Comédie Française.

[ Avec Cécile Brune, Eric Ruf, Céline Samie, Léonie Simaga, Clément Hervieu-Léger, Stéphane Varupenne, Suliane Brahim, et Aurélien Recoing ; mis en scène par Muriel Mayette ]         

 

Je pense que tout le monde connaît l'histoire d'Andromaque ... c'est une captive du fils d'Achille, Pyrrhus, qui l'aime. Mais elle aime toujours son feu mari, Hector. Pyrrhus, promis à Hermione, risque de déclencher une guerre s'il ne contrôle pas son amour ...

Pour ma première connaissance de Racine, je n'ai pas été trop déçue.

Les acteurs sont très bons, et le texte est parfaitement dit. Malgré tout, on peut regretter ce qui semble être une "erreur de distribution" ; il est clair que Cécile Brune, pourtant très bonne actrice, n'est pas faite pour le rôle d'Andromaque ; elle semble ailleurs, elle parle d'un bien trop ton las, sans changer de ton, sans adopter d'autre posture que "bras ballants, tête d'enterrement" ...

Cependant, il manque quelque chose à la mise en scène ; en effet, les comédiens ne se touchent ni ne se regardent jamais, ce qui est génant. Je regrette également le fait qu'une musique de fond, incessante, sans doute présente pour rajouter un peu de tension à l'atmosphère, ne fait qu'énerver le spectateur (enfin, moi, en tout cas). J'avoue que je n'avais jamais vu ça ; la musique est essentielle au théâtre, je pense, mais entre deux actes, ou juste en début et en fin de pièce ; mais durant tout le spectacle, c'est dingue, non !? Ici, cela donne surtout l'impression que le metteur en scène ne fait pas assez confiance à la musicalité du texte, peut-être au talent des acteurs à bien rendre la beauté du texte ...

De plus, la salle était insupportable (voir article sur la Comédie Française) : des gens qui toussent toutes les secondes, qui mâchent des chewing-gum bruyamment, qui se mouchent, qui bougent, bref, qui s'ennuient.

Une note aussi sur le décor et le costume ; gris, blanc, et beige, simple, donc pas trop d'engagement de ce côté-là ... Un peu triste, morne, sombre ... Dans le ton de la pièce, pourrait-on dire ... Oui et non ; on met les personnages principaux (Oreste, Hermione, Andromaque, Pyrrhus) sur le même plan que leurs confidents (point de vue du costume) : est-ce vraiment le meilleur point de vue à adopter ?

Malheureusement, il est clair que c'est au spectateur d'entrer dans la pièce, et non le contraire : il faut se prendre au jeu pour arriver à suivre ... 

Je vous le conseille tout de même.

Voici un avis après avoir vu la diffusion vidéo d'Andromaque joué au théâtre Antique d'Orange : Magnifique. Les acteurs semblent plus "dans la pièce" que lorsque je l'avais vu ... ils se lâchent bien plus sur scène et la beauté du texte de Racine n'est ressort que mieux. Wouuuah. C'est beau. Ça fait pleurer


Placement : premiers rangs, parfait (les acteurs ne jouent pas sur le bord de la scène).

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