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2 articles avec vingtieme theatre

Farré fait fort

Publié le par Mordue de theatre

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Critique de Ferré Ferrat Farré, vu le 30 août 2013 au Vingtième Théâtre

Avec Jean-Paul Farré, Florence Hennequin, et Benoît Urbain

Quel plaisir de commencer ainsi la nouvelle saison théâtrale : une salle que j'aime beaucoup mais où je n'étais pas allée depuis un petit bout de temps, un grand acteur et chanteur sur cette scène que je connais si bien, et des chansons à texte ... Cela ne pouvait être que bien. Mais à quel point, finalement ?
Jean-Paul Farré est un véritable personnage ; voix particulièrement reconnaissable, cheveux longs, petite personne, il ne faut pas longtemps à qui ne le connaît pas pour tomber sous son charme. Dès qu'il entre sur scène, il sait capter notre attention ; sa présence est indéniable. Son talent ne se limitant donc pas à la musique (on l'avait adoré dans Les 12 pianos d'Hercule il y a quelques années), le spectacle se déroulera également autour d'une petite histoire. Farré se transforme en candidat à la présidence de la chanson poélitique : les chansons porteront donc sur plusieurs thèmes définis en début de spectacle, et l'alternance entre Ferré, Ferrat, et Farré se fait sans choquer nos oreilles sensibles, puisque les chansons sont entrecoupées de brefs dialogues.
Comme on pouvait s'y attendre, tout ce qui est chanté est impeccable ... en excluant 2 légers trous du comédien, après tout nous étions à la première et l'erreur est humaine, je pense n'avoir rien à redire. Les chansons sont excellement choisies, c'est-à-dire qu'il parvient à montrer la variété d'écriture des deux auteurs qu'il nous présente : je ne connaissais Ferrat qu'en belles chansons d'amour, et je lui ai découvert d'autres facettes bien inattendues (mais je n'en dis pas plus !). Et puis il faut avouer que Farré a une superbe voix, profonde, roulant ses [r], transmettant chaque émotion jusqu'à me mettre la larme à l'oeil. Une petite objection cependant : il nous présente lors de son spectacle des chansons qu'il a lui même composées (musique et paroles). Si c'est un très bon parolier, et qu'on salue particulièrement sa chanson sur le guide parisien des théâtres, ce n'est pas un excellent compositeur, et la mélodie manque de quelque chose. Bien dommage, car aux côtés de Ferré et de Ferrat, cela fait tache.
Aux côtés de Farré, la violoncelliste et le pianiste jouent le jeu : ils donnent la réplique à Farré lorsqu'ils ne l'accompagnent pas à l'instrument. Inutile de préciser que chacun maîtrise parfaitement son domaine ... par contre, j'ai beaucoup apprécié leur participation aux spectacle, vivante et pleine d'entrain ! Malgré tout, je reste un peu sur ma faim. Le spectacle m'apparaît comme "brouillon", il ne semble pas totalement terminé et quelques arrangements seraient encore appréciés. Une histoire tournant autour d'un meeting, pourquoi pas, mais peut-être pourrait-on aller plus au fond des choses ? 

Un spectacle très conseillé pour qui aime la chanson française, ou souhaite découvrir un grand acteur français quelque peu extravagant ! ♥ 

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Ce qui arrive et ce qu'on attend, Jean-Marie Besset

Publié le par Mordue de theatre

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Critique de Ce Qui Arrive Et Ce Qu'on Attend, de Jean-Marie Besset (mise en scène Arnaud Denis), vu 6 fois.

[ Avec Arnaud Denis, Jean-Pierre Leroux, Adrien Melin, Virginie Pradal, Jonathan Max-Bernard, Blanche Leleu, et Niels Adjiman//François Mougenot. ]

 

Voilà une pièce … que j’ai vue 1 2 3 4 5 6 fois.

J’avoue que ce n’est pas le genre de pièce que je serais allée voir, si je ne « connaissais » pas Arnaud Denis (voir article). L'histoire ? Un concours décidera de l'architecte qui construira le premier monument sur la Lune ... parmi les candidats, un jeune homme, marié, et qui retrouve un "ami" d'enfance dans le jury ... et un autre homme, plus âge, prêt à tout pour faire aboutir son projet ...  Ce qui arrive et ce qu’on attend. Quel titre, n’est-ce pas ? On comprend d’ores et déjà que la pièce parle de l’attente. Mais pas seulement. Plusieurs autres thèmes y sont abordés, tels que l’homosexualité, les retrouvailles, l’administration… Mais je ne vais pas trop en dire, et vous laisse découvrir la pièce, soit en la lisant, soit en achetant le DVD lorsque celui paraît  (le lien apparaîtra alors ici).

Je vais donc donner mon avis.

Les acteurs sont excellents, très bien choisis : ils sont au nombre de 7 mais ne sont jamais présents tous en même temps ; Arnaud Denis, qui signe aussi la mise en scène, interprète Nils, un jeune homme issu d'un milieu aisé et qui profite un peu de tout le monde - il est le seul qui n'attend rien de spécial, et d'ailleurs il le dit à un moment (il me semble) "j'ai tout mon temps". Arnaud Denis, habitué aux rôles de manipulateur (Scapin, Monsieur Trissotin - à quand Tartuffe ?), excelle ici ; il utilise à bon escient son corps : en effet, il est très grand et permet ainsi de mettre son interlocuteur mal à l'aise. C'est quelque chose de très impressionnant et qui marche très bien - il s'en était déjà servi dans Les Femmes Savantes, et j'avais déjà beaucoup aimé, mais il faut le voir pour comprendre (je ne trouve malheureusement pas de photo pour souligner ce que je dis). Le jeune couple formé d'Adrien Melin et de Blanche Leleu "sonne très juste" ; ils sont naïfs, paraissent instables et semblent réellement destabilisés par l'arrivée de Jason (Jonathan Max-Bernard) ; gay, malade du SIDA, cela fait 20 ans qu'il attend son premier amour ... alors le retrouver derrière une porte, lui en jury et l'autre attendant d'être jugé ... il tentera tout de même sa chance et essaiera de récupérer celui qu'il aime encore ... J. Max-Bernard nous touche grâce à sa qualité de jeu, sincère et efficace. Jean-Pierre Leroux et Virginie Pradal forment également un duo parfait (je n'enjolive pas les choses - tout était excellent, je ne fais que dire la vérité) : l'une directrice de l'Architecture et du Patrimoine, autoritaire, dans la force de l'âge mais agissant comme une furie, et l'autre, prêt à tout pour arriver à ses fins (Lebret, personnage interprêté par JP Leroux, participe également à ce concours). Enfin, un huissier (Niels Adjiman puis François Mougenot - ma préférence va largement au premier !) aide au bon déroulement des choses ... Il fait entrer les uns, sortir les autres, annonce certains personnages ...

La mise en scène est parfaite et je n’ai rien à redire. Les costumes sont simples mais élégants. Le décor … personnellement, je l’adore ! Je me souviens d’une fois où, au commencement de la pièce, une dame derrière moi a dit quelque chose qui ressemblait à « Il est trop simple ce décor ». C’était peut-être la même personne qui a parlé tout le long du spectacle. Mais passons. Le décor ne change pas. Certains accessoires bougent, mais on comprend très bien pourquoi. Je dois dire aussi que la musique est très bien choisie (le groupe Applause).

La pièce dégage une atmosphère de tension, comme une bombe prête à éclater. On sent qu’il y a quelque chose de grave, de très grave, malgré les petites scènes « comiques » entre ces moments dramatiques. Car c’est aussi cela qui fait le Grand de cette pièce. Elle comporte tout ! On rit et on pleure. On est heureux puis anxieux. Et quand on ressort, on n’a plus envie que d’une chose ; la revoir !

 

" Ce qui est arrivé était encore mieux que ce à quoi je m'attendais ..."

 

Voici une vidéo sur la pièce : lien.

Elle passe au Vingtième Théâtre .

Elle passe à présent au théâtre du petit montparnasse (jusqu'au 9 janvier)...  Allez-y, vraiment, allez-y !!!

 

Placement : les premiers rangs ; comme d'habitude !