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1 an déjà ...

Publié le par Mordue de theatre

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Le blog fête ses 1 an ... l'équivalent d'une saison théâtrale.

Entre le 30 octobre 2010 et aujourd'hui, le blog compte 50 articles, dont 40 critiques ...

L'écriture a toujours été un bonheur pour moi, mais savoir que mon blog est lu régulièrement et souvent commenté (un grand merci à Minyu évidemment)... c'est un plaisir immense !

En effet, le blog, qui a commencé à une trentaine de visites par mois, comptabilise aujourd'hui plus de 1500 visites dans les 30 derniers jours, et plus de 2500 pages vues dans le même laps de temps !

Et même si cette année risque d'être moins fournie en matière de théâtre (et encore, ce n'est pas sûr), je pensais tout de même ouvrir une nouvelle catégorie, en plus des critiques et des avis divers, sur mes découvertes théâtrales en DVD (des conseils de très bonne captation par exemple, comme Terzieff) ...

Rien de concret pour l'instant, juste un éventuel projet ...

 

A nouveau, un grand Merci à tous ! 

MDT

Publié dans MDT divague

[MDT divague] La Comédie-Française s'expose au Petit-Palais

Publié le par Mordue de theatre

 

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"Ce n’est pas un hasard si « La Comédie-Française s’expose » au Petit Palais : chacun connaît la scène, mais il y a aussi tout un patrimoine artistique, presque totalement inédit, qui témoigne de l’histoire d’une famille, celle de la troupe de Molière du XVIIe siècle à nos jours : les portraits et les bustes, qui dévoilent les comédiens dans leurs emplois ou qui rappellent les grands auteurs, les séances du Comité de lecture, le travail de la scène, les accessoires les plus prestigieux…
Grâce à sa bibliothèque-musée, deux-cents œuvres (peintures, sculptures, documents d’archives, objets personnels, accessoires et maquettes) sont présentées, afin de découvrir les coulisses du théâtre et pénétrer cet univers mystérieux.
Le musée s’associe à cette institution de trois siècles, pour proposer une exposition sur la Maison, sa troupe, ses auteurs, particulièrement Molière. Figure majeure du répertoire de théâtre classique français, il est chez lui à la Comédie Française. Fondée par Louis XIV, la Maison défend les textes des siècles passés, mais aussi l’avant-garde artistique actuelle.
Le Petit Palais invite Molière, qui sera le fil conducteur de la visite…un passage derrière le rideau, derrière le décor…une révélation !
A découvrir aussi au Centre national du costume de scène à Moulins, une exposition sur "L'art du costume à la Comédie-Française", plus de 200 costumes des plus grands comédiens du XVIIIème siècle à nos jours." -

C'est une exposition très intéressante, peut-être trop courte ... Surtout illustrée par des peintures mais également, vers la fin de l'exposition, de très belles photos. On en apprend beaucoup sur l'histoire de la Comédie-Française, sur plusieurs très grands acteurs (Rachel, Sarah Bernhardt, et d'autres encore) ... Et quel plaisir de pouvoir admirer la bague de Rachel, ou la montre de Molière. Oui, je suis matérialiste, mais cela fait partie des choses que j'ai préférées : la montre de Molière. Petite, ravissante, derrière la même vitre que son fauteuil ... C'est beaucoup de pensées qui me sont venues en tête lorsque j'ai été devant ce fauteuil ... car après tout, Molière fait partie de ces Dieux du théâtre. Savoir qu'il a été assis dessus, un jour ... 

D'autres choses attirent l'attention, telles que les bustes des différents grands auteurs, ou les différents tableaux, représentant des scènes de lectures au sein de la Comédie-Française par exemple. J'ai également beaucoup apprécié les maquettes des différentes pièces jouées depuis plusieurs années. Certaines sont vraiment étranges, et je ne regrette pas de ne pas les avoir vues (comme une École des Femmes, si je ne me trompes pas). Par contre je suis déçue d'avoir vu si peu de costumes (le reste se trouve à l'exposition située à Moulin). 

Très belle expostition, intéressante et agréable à parcourir. Fortement conseillé.

Publié dans MDT divague

Masques et Nez, des Sans cou

Publié le par Mordue de theatre

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Critique de Masques et Nez des Sans cou, vu le 26 octobre 2011 au théâtre Michel

[ Avec en alternance : Jeanne Arenes, Marc Arnaud, Clément Aubert, Jonathan Cohen, Romain Cottard, Florine Delobel, Laurent Ferraro, Tewfik Jallab, Paul Jeanson, Adrien Melin, Igor Mendjisky, Arnaud Pfeiffer, César Van Den Driessche, Esther Van Den Driessche, mis en scène par Igor Mendjisky ]

J'avais déjà critiqué cette pièce lors du festival d'Avignon. Lorsque j'ai vu qu'elle repassait à Paris, je n'ai pas hésité, et j'ai repris des places.

Igor Mendjisky conserve l'ouverture du spectacle : "Ceci n'est pas un spectacle". Cela fait rire certains, d'autres sont étonnés. Pas de réaction spéciale pour ma part ; je m'y attendais.

Après une pointe de déception quand j'ai constaté que, dans les 4 acteurs présents sur scène (plus une actrice annoncée comme "en retard") ne se trouvait pas Adrien Melin, un acteur que j'admire beaucoup, j'ai été heureuse de reconnaître Romain Cottard (qui jouait Hamlet dans Hamlet), qui incarnait un professeur de français (Ferdinand) en collège, prof principal de la "6e orange". Dans le genre un peu coincé, il faisait merveille. A côté de lui, je n'ai malheureusement pas le nom des acteurs, mais on trouvait un boxeur sortant de prison (Lucas), un Benoît qui voulait s'affirmer et vaincre sa timidité, une future (peut-être) miss France (Jessica), et une prof de danse sortant du taxi d'un ami ....

Le principe reste le même, c'est-à-dire que 4 acteurs arrivent, et 1 est en retard, ayant préparé un texte plus ou moins connu (seul ou en groupe). Leur metteur en scène, placé sur un fauteuil sur un côté de la salle, leur fait d'abord faire quelques échauffements, puis ils présentent leur travail et attendent des critiques. Ils doivent paraître le plus naturel possible, sachant qu'ils ont tous un rôle totalement composé (la voix, le maintien, les tocs, la gestuelle, le langage). 

Voir plusieurs fois une même pièce peut être très intéressant. Ici, c'était le cas. Car après l'avoir vu à Avignon, je m'étais demandée si, oui ou non, c'était de la totale impro ... ça me paraissait impossible que la pièce n'ait pas été répétée. Pourtant, à présent, c'est plutôt mon avis. En fait, à présent, cela me semble évident que l'on a devant les yeux une improvisation quasi-totale (car les acteurs préparent tout de même un texte connu pour le travailler sur scène). Et c'est grâce à cela qu'on se rend compte du niveau, très élevé, des comédiens ... et également de la qualité de la représentation. Les acteurs ont une excellente répartie et font à plusieurs reprises rire le public par quelques bons mots. Ils ne se coupent jamais la parole. Ils semblent toujours savoir où ils vont (lorsqu'ils miment par exemple) et ne connaissent le trou que lorsqu'ils présentent leur travail au metteur en scène (le trou est n'en paraît donc que plus réel ; c'est-à-dire que, s'ils avaient été à un "vrai" cours de théâtre, sans spectateurs, et qu'ils avaient eu un trou, il aurait eu lieu au même moment ... Alors que s'ils avaient un trou lorsqu'ils parlent "normalement" (une discussion entre eux par exemple), c'est un peu invraisemblable dans ce qu'on pourrait appeler "le réel").

Enfin, la pièce nous permet de découvrir certains textes (hier, étaient présentés : un extrait du Quai des Brumes, une chanson de Renaud, et un extrait de Quai Ouest). Les acteurs et les extraits changent tous les soirs, et ça vaut donc le coup d'y retourner !

Verdict : Impératif !

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Publié dans Critiques

Le Jeu de l'Amour et du Hasard, Marivaux

Publié le par Mordue de theatre

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Critique du Jeu de l'Amour et du Hasard, de Marivaux, vu le 25 octobre 2011 à la Comédie-Française
Avec Alexandre Pavloff, Léonie Simaga, Pierre Louis-Calixte, Christian Hecq, Suliane Brahim et Pierre Niney, mis en scène par Galin Stoev

Dorante et Sylvia sont promis l'un à l'autre. Mais tous deux connaissent les enjeux du mariage, et ne tiennent pas à épouser n'importe qui. Sur le point de se rencontrer, ils échangent chacun de leur côté de personnage : Dorante prend la place de son valet, Arlequin, et Sylvia prend celle de Lisette, sa coiffeuse. Cela créé un comique de situation d'un bout à l'autre. Puis, comme souvent chez Marivaux, c'est la femme qui finira par "poser problème" (comme dans Les Serments Indiscrets, ou La Dispute) ... Je ne vous en dis pas plus.

Ici, c'est une version assez ... différente ... de ce qu'on pourrait imaginer qui nous est présentée. Tout d'abord, les décors sont presques ... grotesques. Ils représentent une maison, je suppose, avec différentes pièces, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, dont les murs sont décorés de fleurs roses ... Les costumes sont très longs, parfois extravagants et assez surprenants (comme celui de Mario). En bref, ce n'est pas vraiment un cadre que l'on imaginerait pour un Marivaux.

La première approche de la pièce est donc assez déroutante dans l'ensemble. Mais lorsque la première scène débute, on est pris dans l'histoire et dans le jeu des personnages. Tout particulièrement, dans cette scène d'exposition, une actrice brille et se détache : Suliane Brahim. Je l'avais déjà vu à plusieurs reprises au Français, mais c'est la première fois qu'elle me paraît aussi parfaite ; sa gestuelle comme son ton et ses manières sans doute si travaillés paraissent extrêmement naturelles. Elle a une véritable présence sur scène, c'est indéniable. A ses côtés dans cette première scène, Léonie Simaga. Elle excelle également, mais me semble tout de même plus faite pour le tragique ; peut-être est-ce plus intuitif pour elle. En tout cas ici elle ne se détachait pas autant qu'elle avait pu le faire auparavant. Dommage (mais elle reste excellente). Puis apparaît Christian Hecq. Ce n'est pas un acteur que j'aime particulièrement, et je trouve qu'il a trop tendance à tirer la couverture à lui (comme dans Un Fil à la Patte) mais bien sûr je n'ai aucun mal à reconnaître que c'est un très bon acteur. Mais ici, il aurait presque tendance à "faire du Chrisitan Hecq" ... malgré lui. C'est-à-dire que dès qu'il entre, certains sourient, d'autres rient. Rien qu'en le voyant. C'est dommage car son rôle, celui d'Orgon, père de Sylvia, n'est pas spécialement comique : c'est le "bon père" qu'on voit souvent chez Marivaux. Mais comme il a un physique et des mimiques comiques, tout de suite il a tendance à en rajouter. De plus, certaines de ses répliques ne sont pas totalement compréhensibles... Venons-en à Pierre Niney, jeune pensionnaire, incarnant Mario, le frère de Sylvia. Ils lui ont donné un côté "savant fou" qui n'est pas franchement utile au texte. En fait on ne comprend pas vraiment le pourquoi du comment... Enfin, Alexandre Pavloff et Pierre Louis-Calixte (Dorante et Arlequin) forment un parfait duo ; c'était la première fois que je voyais Calixte et je n'ai pas été déçue ! Par contre c'est vrai que j'avais préféré Pavloff en Diafoirus ... Il ne paraissait pas assez amoureux, ici...

Encore une fois, il faut que je parle de la salle. Entre les parents qui expliquaient l'histoire à leurs enfants et ceux qui riaient dès qu'ils entendaient un imparfait du subjonctif ... Malgré tout, je crois que c'est la première fois que j'entendais une salle aussi calme et attentive (c'est pour dire !). Lors des applaudissements, j'ai été très surprise : ils étaient très fournis, et tous les spectateurs battaient des mains en même temps, ce qui donnait l'impression que nous étions deux fois plus que d'habitude ... ce qui n'était pas le cas (la salle était remplie, mais comme toujours). Enfin, cela montrait l'enthousiasme du public, et les acteurs ont eu droit à plusieurs rappels.

On m'avait dit énormément de bien sur la pièce. "Indépassable". Comme pour Badine (mais quand même un peu moins) j'ai tout de même été un peu déçue. C'était superbe, sans doute. Mais peut-être que lorsqu'on se prépare à quelque chose d'extraordinaire, alors on risque la déception ... Et après tous ces éléments assez étranges (dont un que j'ai oublié de citer : à un moment, Lisette et Orgon, respectivement coiffeuse et père de Sylvia, mangent des chamallow, sur scène. Orgon va même jusqu'à aller chercher un chamallow dans le décolleté de Lisette. Hmm ... Des explications ?) j'en viens à me demander si ce côté "décalé" n'a pas une signification précise : le metteur en scène ne chercherait-il pas à nous montrer que le texte se suffit à lui-même ?

Verdict : tout de même, ça vaut le coup !

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L'Avare, Molière

Publié le par Mordue de theatre

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Critique de L'Avare, de Molière, vu à la Comédie-Française le 1er octobre 2011

[ Avec Dominique Constanza, Christian Blanc, Denis Podalydès, Jérôme Pouly, Loïc Corbery/Benjamin Jungers, Serge Bagdassarian, Nicolas Lormeau/Christian Blanc, Stéphane Varupenne, Nâzim Boudjenah, et Julie-Marie Parmentier ]

 

C'est dingue de se dire que je n'avais ni lu ni vu L'Avare. Jamais. Je connaissais certains extraits, bien sûr, comme le monologue d'Harpagon, ou certaines répliques, comme "La peste soit de l'avarice et des avaricieux", mais même l'histoire m'était presque inconnue (je dis presque car je m'en doutais un peu quand même !). C'est donc l'histoire d'Harpagon et de sa famille ; il est père de deux enfants, Cléante et Élise, qui veulent tous deux se marier avec ceux qu'ils aiment, mais leur père ne l'entend pas ainsi. Harpagon, du haut de ses 60 ans, désire également se marier, avec celle que son fils se destinait ...

On connaît tous les comiques de situation que Molière parvient à créer. On sait qu'on peut rire d'un bout à l'autre lorsque c'est bien joué et bien mis en scène. On sait aussi qu'en général, les pièces sont relativement courtes. Si je vous dis qu'il est écrit, dans la brochure distribuée à la Comédie-Française : "2h45 avec entracte", vous me croyez ? Il le faut, car c'est vrai. Et parfois, on la sent, la lenteur de l'action. Il y a quelques longueurs bien présentes, notamment au début.

En fait, c'est surtout les scènes où Denis Podalydès n'apparaît pas qui semblent longues. C'est dommage, mais franchement compréhensible : il est, tout simplement, formidable. On ne le reconnaît pas, lorsqu'il entre sur scène ; habillé de noir - formant ainsi un contraste avec les autres personnages dont les costumes sont très colorés, avec un maquillage qui semble vouloir souligner les traits de son "vieil âge", il se déplace pourtant avec la légèreté et l'habileté d'un homme de 20 ans ; il court, saute, s'énerve, rit, va, revient, monte les escaliers, danse, sans montrer aucun signe de fatigue. Extraordinaire, magistral, stupéfiant. Il "tient" la pièce à lui tout seul. Son monologue surtout, est absolument génial : comme je l'ai dit, je n'avais jamais vu la pièce. Mais là... ! Je ne parviens pas à imaginer meilleure interprétation. On comprend l'utilité de l'entracte ; je pense qu'il doit se reposer et se donne à fond pour sa tirade. Il saute de la scène sur les accoudoirs des premiers rangs, passe au-dessus des chanceux (dont moi !) pour se caler entre le 3e et le 4e rang. Il interroge alors la salle du regard, la questionne, l'invite à se prendre au jeu. Il semble comme possédé. Puis il revient, toujours avec cette grande agilité dont il a le secret. 

La pièce ne tarde pas à se terminer. Et c'est une très belle fin ; elle rappelle un peu la fin de La Grande Magie, pour ceux qui l'ont vue, avec la boîte (ici, la cassette), qu'il ouvre tout au bord de la scène ... Les autres personnages sont alors derrière lui et l'accompagnent dans ses "retrouvailles avec son argent" ...

C'est un Avare assez noir que Catherine Hiegel a tenu à nous présenter. Le personnage qu'incarne Podalydès paraît intelligent, et moins naïf que ce qu'on pourrait croire. Sans être non plus "sadique" avec ses enfants, il n'y prête aucune attention et semble franchement méchant, mauvais, et heureux lorsqu'il voit son entourage triste.

Je me dois quand même de parler des autres acteurs ... qui, bien que très bons pour la plupart, étaient dans l'ombre de Podalydès, qui se détachait brillamment du lot. Il y avait bien Benjamin Jungers, que je découvrais, et qui compose un excellent Cléante ; il tenait tête à son père de la manière la plus réaliste qui soit. En revanche, sa soeur, incarnée par Julie-Marie Parmentier, n'était pas à la hauter ; se croyait-elle encore dans Badine qu'elle jouait au Vieux-Colombier la saison dernière ? Car lui a-t-on vraiment demandé de prendre cet air et ce ton desespérés tout au long de la pièce ? D'accord, quand elle parle avec son père, elle peut être triste ... Mais lorsqu'elle parle à Valère, celui qu'elle aime, ne pourrait-elle pas faire passer un autre sentiment sur son visage ? Et même lorsqu'on sort de ce détail ... Ne pourrait-elle pas parler plus fort ? Sa voix est à peine audible, et j'étais au 3e rang ... Heureusement, elle est la seule dans ce cas-là (quoique je n'ai pas beaucoup apprecié le jeu trop monotone de Jennifer Decker), et des acteurs comme Jérôme Pouly (Maître Jacques), Nicolas Lormeau (Maître Simon) ou encore Nâzim Boudjenah (La Flèche), beaucoup plus pétillants, redonnent rapidement le sourire au spectateur.

A ne pas manquer, car un Harpagon comme celui-là, si vous voulez mon avis, ça ne court pas les rues ...

 

 

 

 

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Publié dans Critiques