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Bérénice, de Racine

Publié le par Mordue de theatre

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Critique de Bérénice de Racine, vu le 24 septembre 2011 à la Comédie-Française

[ Avec Martine Chevallier, Aurélien Recoing, Jean-Baptiste Malrtre, Simon Eine, Françoise Gillard/Adeline D'Hermy, et Yves Gasc  ]

 

Quelle beauté ! Quelle tristesse que cette séparation entre Titus et Bérénice ... Car, pour ceux qui ne le sauraient pas, là est tout le sujet de la pièce : Titus choisira-t-il l'amour, ou l'honneur ? Renoncera-t-il à Bérénice, qu'il aime et qui l'aime, pour contenter le peuple romain, qui ne supporterait pas une reine en guise d'impératrice ? 

C'est étrange, mais il y a environ un an, je voyais Andromaque à la Comédie-Française, dans une mise en scène de Muriel Mayette. Je me souviens très bien de cet Andromaque, et j'avais dit "il est clair que c'est au spectateur d'entrer dans la pièce, et non le contraire". Ici, c'est la même chose. Les décors sont les mêmes que pour Andromaque, et on reconnaît aisément "la patte" de Muriel Mayette : d'accord, Bérénice est plus difficile qu'Andromaque, le texte est plus "lourd" car les scènes sont plus longues, mais vraiment, j'ai l'impression qu'entre les deux mises en scène, rien n'a changé : il manque quelque chose. La question serait de savoir "quoi", mais je n'ai pas encore la réponse. Tout ce que je peux dire, c'est qu'on ne voit que les personnages entrer et sortir, s'appuyer sur une colonne on s'asseoir sur les escaliers. Leurs regards semblent faux, ils ne s'accrochent pas comme ils devraient. Ainsi, Muriel Mayette a tout misé sur le texte ; ce n'est pas bête, car Racine n'a pas besoin d'une mise en scène extraordinaire pour être sublime. 

Est-ce que je rejette alors la faute sur les acteurs ? Sur Martine Chevallier, qui oublie son troisième mot lors de son entrée en scène ? Sur Aurélien Recoing, qui passe le monologue de Titus à une vitesse surprenante ? Sur d'autres, qui font des vers de 14 pieds alors qu'on est en alexandrin ? Non, ce serait injuste, m'a-t-on dit. "N'oublie pas que c'est difficile". Eh bien, si ça l'est trop, il faut le voir, et ne pas monter Bérénice. Ce sont de grands acteurs, au Français, mais certains ne sont pas faits pour jouer tous les rôles : Martine Chevallier, par exemple, n'était pas une excellente Bérénice. Elle était bien, certes, mais je verrais plutôt quelqu'un comme Léonie Simaga, qui parvenait à tenir toute la salle en haleine lors de son monologue d'Hermione. Aurélien Recoing aussi était bon, mais sans être transcendant : là aussi, je verrais quelqu'un d'autre (Eric Ruf, qui faisait un Pyrrhus incroyable). Seuls m'ont vraiment convaincue Jean-Bapiste Malartre et Simon Eine, respectivement Antiochus et son confident. En effet, il nous était présenté un Antiochus résigné, triste, et hésitant. Partir, rester ? Influencer Titus ? Car lui aussi aime Bérénice... 

J'ai retrouvé ici les spectateurs "types" de la Comédie-Française : il y avait un premier rang de dormeurs ; des gens qui se flattaient d'avoir dormi, une fois la pièce finie, qui enlevaient leur chaussures pour appuyer leurs pieds peinturlurés de vernis sur la belle scène de la Comédie-Française. Mais bon, ils se taisaient pendant la pièce, donc je passe. Il y avait aussi cette fameuse personne qui est là à chaque pièce, et qui joue avec ses bracelets/colliers (elle me fait penser à une scène de Chantons sous la pluie, où Lina Lamont, au cinéma, joue avec son collier de perles, et on n'entend que ça). Le Français est également la seule salle, à ma connaissance, où des spectateurs peuvent rire durant une tragédie classique ; hier, à plusieurs reprises, un bon nombre de spectateurs a dû trouver certaines répliques drôles et a émi un ricanement audible ... Ce que je trouve scandaleux. Pauvres acteurs, s'ils entendent ça, ils doivent se poser des questions.. Enfin, et c'est là-dessus que je finirai mon article, la salle était malade mais a respecté le texte, et ça c'est vraiment beau : c'est-à-dire qu'entre chaque acte, lors d'un noir et de la musique qu'on retrouvait aussi dans Andromaque, c'était un concert de toux. Mais vraiment. Au moins, le public attendait ce moment pour tousser ...

On peut s'en passer, mais peut-être vaudrait-il mieux voir la pièce lorsqu'elle aura déjà bien démarré ... j'ai assisté à la deuxième représentation, et c'est peut-être une des raisons qui fait que les acteurs n'étaient pas dans leur rôle...

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Le Songe d'une Nuit d'Été, Shakespeare

Publié le par Mordue de theatre

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Critique du Songe d'une Nuit d'Été, de Shakespeare, vu le 21 septembre 2011 au théâtre de la Porte Saint-Martin

[ Avec Lorànt Deutsch, Mélanie Doutey, Yves Pignot, Marie-Julie Baup, Davy Sardou, Nicolas Briançon, Laurent Benoît, Ofélie Crispin, Dominique Daguier, Armelle Gerbaault, Thibault Lacour, Léon Lesacq, Maxime Lombard, Thierry Lopez, Jacques Marchand, Elsa Mollien, Carole Mollienn, Carole Mongin, Maurine Nicot, Jessy Ugolin, et Anouk Viale, mise en scène de Nicolas Briançon ]

C'est dans une ambiance "années 70" que se déroule la célèbre comédie de Shakespeare. Une comédie ? Non, c'est plus que ça. Un songe, oui ... une féérie. Car après tout, l'histoire de la Reine des Fées, d'un lutin qui s'amuse de tout, de plusieurs couples, et d'homme qui se transforme en âne, ne révèle-t-il pas ce côté de Shakespeare qu'on peut avoir tendance à oublier : une imagination débordante et une écriture d'une légèreté impressionnante ?

Mais, si Mélanie Doutey et Lorànt Deutsch sont tête d'affiche, c'est plus, il me semble, pour "attirer les foules" que pour l'importance de leurs rôles ; c'est Yves Pignot, Marie-Julie Baup, Davy Sardou, Elsa Mollien, et Thibaut Lacour qui mènent la danse. Ils sont tous excellents ; et en particulier, on a un Yves Pignot digne de plus Grands : il a un véritable talent comique, si bien qu'il lui suffit presque d'entrer en scène pour que le public rie. Une mention spéciale également à Marie-Julie Baup, que j'avais déjà vu dans Les Femmes Savantes et qui ici s'est créé un véritable personnage qu'elle dirige à merveille. Davy Sardou fait un peu "tâche" dans ce quatuor ; meilleur que dans Léocadia, il ne brille pas non plus et reste le "maillon faible" de l'équipe.

A présent, il faut parler de ceux qui devraient être les "stars de la soirée", à savoir Lorànt Deutsch et Mélanie Doutey. Ce sont tous deux de très bons acteurs, c'est indéniable, mais je continue à trouver cela de la publicité mensongère que de voir leurs visages dans tout Paris, que de placarder leurs noms en énorme devant le théâtre, alors que leurs rôles sont secondaires. J'avais déjà vu Mélanie Doutey dans un téléfilm, mais je ne connaissais pas Lorànt Deutsch (ou seulement de nom ; c'est l'auteur de Métronome, un livre sur l'histoire de Paris - génial, paraît-il). C'est surtout ce dernier que j'ai été très heureuse de découvrir : il a un réel talent, que n'importe qui peut remarquer malgré son rôle peu important (pas non plus inutile, mais j'ai quand même été déçue de ne pas le voir plus longuement). 

Mais quelque chose gène. Ce n'est pas une question d'acteur, mais clairement de mise en scène : il y en a trop. Trop de décor flashy, trop d'agitation. Je suis très contente que la compagnie aie les moyens de s'offrir des accessoires pareils, mais vraiment, trop c'est trop, et cela gâche un peu le songe.

Enfin dernière chose insupportable : la pièce attire beaucoup de monde. Tant mieux pour eux. C'est vraiment plein. Mais bien sûr, parmi tous les spectateurs, il y a des connaisseurs, et d'autres pas. Qu'ils découvrent le théâtre ainsi, bonne idée. Mais à ceux qui viennent tousser pendant 2h20, je dis non. Car oui, un homme m'a gâchée le spectacle en se raclant la gorge pendant tout le spectacle, toutes les 1 minute 30 environ. Et ça, durant un Shakespeare, et surtout une pièce telle que Le Songe, ça vous donne des envies de meurtre. Vraiment.

Verdict : on passe un très bon moment, si tant est qu'on échappe à la zone de tousseurs.

 


Publié dans Critiques

[MDT divague] Sortie du DVD tant attendu

Publié le par Mordue de theatre

 

J'ai le plaisir de vous annoncer la sortie du DVD de Ce qui arrive et ce qu'on attend, de Jean-Marie Besset, mis en scène par Arnaud Denis, avec Virginie Pradal, Adrien Melin, Jonathan Max-Bernard, Jean-Pierre Leroux, Blanche Leleu, François Mougenot, et Arnaud Denis. Sa sortie officielle est le 16 septembre.

Une pièce que j'ai vu 6 fois et que je reverrai encore ; je conseille donc à ceux qui ne la connaissent pas ou qui n'ont pas eu la chance de la voir d'acheter la captation de la pièce, qui vaut vraiment le détour. 

Vous pouvez commander le DVD sur le site de la Copat : ici, ou sur amazon, ici . 

Le DVD sera également disponible en grandes surfaces (fnac, gibert). 

Réalisation : Philippe Miquel

Publié dans MDT divague

Entre deux ils, Isabelle Cote

Publié le par Mordue de theatre

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Critique d'Entre deux ils, d'Isabelle Cote, vu le 7 septembre 2011 au théâtre de l'Oeuvre

[ Avec Lysiane Meis, Bernard Malaka, et Eric Savin, mise en scène de José Paul et Agnès Boury ]

Une femme, deux hommes, une histoire. Claire et Rémy sont mariés depuis 10 ans et vivent à Paris. Un matin, Claire annonce à Rémy qu'elle part. Pas d'explications, mis à part une lettre, qu'elle lui demande de lire avec attention. Elle part à Toulouse, et commence à travailler dans une librairie où elle rencontre David, propriétaire de la boutique. Pendant ce temps, Rémy engage un détective qui la suit, et il part pour Toulouse. Lorsqu'il arrive, Rémy se retrouve face à la femme qu'il a aimée : il lui dit alors qu'il a bien lu la lettre, mais que non, il n'avait pas couché avec cette femme il y a quelques années (c'était le motif de son départ). Mais finalement, le motif du départ change et ... attendez, franchement, l'histoire tient-elle debout ? Je réponds sans hésiter : non. Ce qui aurait du être des coups de théâtre tombe trop souvent à plat. La mise en scène procède par tableaux, et fait penser au feuilleton Plus Belle la vie. En effet, à la fin de chaque tableau, un nouveau secret et révélé, laissant un instant de suspens ... jusqu'à ce que tout ce qu'on a appris depuis le début se mélange, et qu'une seule réponse arrive pour le tout. 

Je me suis trop souvent ennuyée. Ce que je déteste au théâtre, c'est être déçue, surtout lorsqu'on perd 1h30 (c'était quand même une bonne nouvelle, je croyais que la pièce avait duré 3h) et qu'on a cours le lendemain. L'histoire ne tient pas debout, et la plupart des répliques ressemblent à du "remplissage". C'est dommage, car le début n'était pas si mal. De plus, je sais qu'il faut vivre avec son temps, mais j'ai du mal à entendre, au théâtre "il m'a appelé sur mon iPhone" ou encore "tu regardes trop Desperate Housewives". 

Malgré tout, les acteurs semblaient "y croire" et avaient tous un excellent jeu ; j'avais déjà vu Bernard Malaka dans Le diable rouge et c'est un acteur que j'aime beaucoup. Je découvrais les deux autres et je n'ai pas été déçue. Mais, et c'est là qu'on se rend compte que d'autres textes tels que La Vérité ne sont pas si mauvais que ça ... 

En conclusion, je déconseille fortement cette pièce. On s'ennuie trop souvent, pour finalement être déçue par les "révélations finales". Je n'ai apprécié que le jeu des acteurs et .. les décors. La librairie est franchement belle ! Mais cela ne suffit pas. Verdict : inutile.

 

 

 

 

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Présentation de la saison 2011-2012 au Vingtième Théâtre

Publié le par Mordue de theatre

Tout d'abord, je vous prie de m'excuser d'avance. Une année très lourde m'attend et il se pourrait que le temps que j'accordais l'année précédente à ce blog soit réduit. Les critiques seront donc peut-être moins approfondies.
Je compte ici donner mon avis, brièvement, sur certains spectacles présentés le 5 septembre, au Vingtième Théâtre (tout détailler serait trop long).

 

Dorian Gray [Oscar Wilde] (24 août - 30 octobre) : Par la magie d'un voeu, Dorian Gray conserve la grâce et la beauté de sa jeunesse. Seul son portrait vieillira. Le jeune dandy s'adonne alors à toutes les expériences. Vous connaissez mon avis sur la pièce, je veux juste préciser que j'ai trouvé l'attitude de Grégori Benchenafi assez déplacée, il n'a fait qu'une courte apparition, sans costume, pour présenter (je cite) "l'atout-charme" de sa pièce : Caroline Devismes, qui a chanté une courte chanson. Pour peu que l'histoire nous soit inconnue, impossible de la deviner ainsi. Vraiment dommage.

Chez Mimi [Aziz Chouaki] (7 septembre - 30 octobre) : Une comédie provençale chantée qui se déroule dans les années 60. Un bistro-guinguette avec ses rumeurs de comptoir et son bal du samedi soir. Un chanteur de rock qui fascine les midinettes. Et puis la guerre, celle d'Algérie. Et, trônant derrière le comptoir, Mimi l'Algérienne, avec sa faconde, son franc-parler et ses silences sur son pays natal : Mimi, l'âme du village. Avant de voir l'extrait présenté, je pensais que j'irais. Après, j'en avais un peu moins envie. Mise en scène qui a l'air assez simple, malgré une histoire qui peut-être intéressante. 

La Sublime revanche [Camille Germser] (2 novembre - 22 janvier) : En 1973, un groupe de danseuses, employées dans différents cabarets parisiens, fondait un syndicat pour se réapproprier corps et spectacle. Elles furent toutes licenciées. Un an plus tard, ces danseuses présentaient leur propre revue. Ce spectacle fit salle comble et scandale durant trois mois, au Théâtre du Soupirail. La Sublime revanche est une reconstitution de cette revue. Ici, c'est le contraire. Aucune envie d'y aller avant d'avoir vu les 2 passages qu'elles ont présentés. Mais après ... Oui, je pense que j'irai le voir.

Andromaque, fantaisie barock'  [Pierre Lericq] (9 novembre - 15 janvier) : Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Hector ... qui est mort. Après L'Odyssée, la Genèse et Antigone, Les Epis Noirs déracinent Andromaque ! Une fantaisie barock' où se mêlent et s'entremêlent burlesque et tragédie, chant et danse ... avec La Mort comme maîtresse de cérémonie. Et en effet, ce sont deux extraits avec La Mort qui ont été présentés. Je n'ai pas vu le rapport avec Andromaque, mais c'était vraiment pas mal ! J'irai.

L'Hôtel des Roches Noires [Françoise Cadol et Stefan Corbin] (18 janvier - 4 mars) : Des fantômes hantent les murs d'un ancien hôtel. De courants d'air en éclats de rire, ils jouent pour passer le temps. Leur voeu le plus cher serait la réouverture de l'hôtel pour qu'enfin les clients reviennent et avec eux, leurs histoires d'amour. Bientôt arrive un homme avec un coeur qui bat... Indécise. Peut-être, peut-être pas...

Nuremberg, la fin de Goering [Arnaud Denis] (25 janvier - 10 mars) : A la fin de la deuxième guerre mondiale, les Alliés se retrouvent devant un épineux problème : que faire des grands dirigeants nazis ? Ils ne seront pas fusillés, ils seront jugés pour crimes contre l'humanité. C'est le début d'un des plus grands procès du XXe siècle : le Procès de Nuremberg. Sur le banc des accusés, Hermann Goering, deuxième personnage du Reich, attend son jugement. Que dire, à part que le discours du procureur américan, présenté par Jean-Pierre Leroux, ne peut me rendre que plus impatiente ...

Alaska forever [création collective] (7 mars - 25 mars) : Au rythme d'un reality show stellaire et déjanté, "L'Homme en blanc", gourou du management et génie de la finance, confie son histoire, celle d'un grand patron de l'industrie pétrolière confronté à une catastrophe écologique sans précédent. Définitivement, non.

Pasolini [Michel Azama] (21 mars - 29 avril) : Communiste-catholique-homosexuel-dissident... controversé-excommunié-persécuté-assassiné ! Film-spectacle retraçant 25 ans de l'histoire et la fin tragique d'un des plus grands poètes, cinéaste, romancier italient du siècle dernier ! L'histoire est sûrement passionante, mais a priori ... non.

Antigone [Sophocle] (28 mars - 6 mai) : Dans cette course suicidaire entre deux êtres que tout oppose, trois somédiens endossent tous les rôles tandis que le Choeur, accompagné d'un violoncelle, fait résonner cette langue d'une incroyable modernité. La salle semblait s'être endormie pendant leur présentation : sans hésitation, non.

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